L’augmentation moyenne du salaire de base pour les travailleurs du secteur public est demeurée faible à 1,5 % dans le cadre des principales conventions collectives signées dans les premiers six mois de 2014. 

Cette augmentation est inférieure au taux d’inflation actuelle et le constat est le même si on considère l’inflation prévue pendant la durée moyenne de ces conventions, soit quatre ans. Si l’inflation augmente en moyenne de 2 % par année, les travailleurs visés par ces hausses salariales subiront une perte d’environ 2 % de la valeur réelle de leur salaire durant la période couverte par leur convention collective.

Cette moyenne demeure faible en raison du gel salarial d’un an en Colombie-Britannique et d’un certain nombre d’augmentations modestes dans le secteur public de l’Ontario. 

Dans le secteur privé, le salaire de base a augmenté un peu plus, soit 2,2 %, selon les principales conventions collectives signées au cours de la première moitié de 2014. Cette augmentation est à peine supérieure à l’inflation. Dans la plupart des provinces, les conventions des travailleurs du secteur privé ont suivi avec difficulté l’inflation et la hausse des prix. 

Ces hausses du salaire de base rapportées par Travail Canada correspondent aux augmentations qui s’appliquent au niveau de classification le plus bas des diverses conventions collectives. 

Jusqu’en 2005, les salaires versés aux gestionnaires et aux professionnels les mieux payés surpassaient de beaucoup les salaires des travailleurs faiblement ou moyennement rémunérés, ce qui a accru l’inégalité salariale. De 2005 à 2011, la rémunération moyenne de tous ces groupes a augmenté environ au même rythme, les travailleurs faiblement ou moyennement rémunérés ayant profité d’un marché du travail resserré et les travailleurs les moins bien payés des hausses du salaire minimum. Depuis 2011, nous assistons de nouveau à une progression différenciée des salaires, les travailleurs des professions mieux rémunérées obtenant des hausses salariales plus élevées que les travailleurs faiblement ou moyennement rémunérés.

Cette différence est préoccupante. De plus, les pressions exercées sur les travailleurs pour qu’ils acceptent des avantages sociaux et des régimes de retraite à deux vitesses augmentent, ce qui ne ferait qu’accroître les inégalités et ralentir la croissance économique.

Il existe une relation importante entre le taux de chômage et les hausses salariales. Selon la courbe de Phillips utilisée en économie, un taux de chômage faible fait augmenter les salaires. Par contre, après une récession, le rétablissement des salaires s’étend sur une plus longue période, d’où le dilemme. En effet, nous avons besoin d’une croissance plus forte de l’économie et des emplois pour que les salaires augmentent, mais nous avons aussi besoin d’une croissance des salaires plus forte pour stimuler l’économie. Malheureusement, les politiques gouvernementales visant à maintenir les salaires à un bas niveau et à réduire les prestations sociales nuisent à l’économie.

Pour obtenir des hausses salariales décentes et une croissance économique durable fondée sur les salaires, nous ne pouvons attendre que l’économie se renforce d’elle-même ni que la croissance fondée sur les salaires nous ouvre la voie. Nous avons besoin à la fois d’une solide création d’emplois suscitée par des investissements publics et de mesures pour renforcer le pouvoir de négociation des travailleurs, y compris des mesures qui profitent aux travailleurs peu rémunérés comme des hausses du salaire minimum. Sinon, le rétablissement ne se matérialisera pas.