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Le conseil municipal de la Ville de Windsor a voté en faveur de la construction d’un nouvel aréna et centre récréatif de propriété et de gestion publiques, rejetant ainsi une proposition de PPP. Un hippodrome local avait également soumissionné sur la construction de l’aréna en présentant une proposition spontanée d’ériger un complexe sportif et récréatif adjacent à la piste de courses.

Le nouveau complexe récréatif comptera une patinoire pouvant recevoir l’équipe municipale de la Ligue de hockey de l’Ontario ainsi que trois glaces communautaires et un centre récréatif. Ce nouveau centre remplacera deux arénas vieillissants.

Les conseillers municipaux ont rendu leur décision au début d’octobre après que le personnel municipal et des membres du SCFP les avaient mis en garde contre les pièges des PPP. Un rapport présenté par le personnel au conseil municipal arrivait à la conclusion que le regroupement des installations dans un nouveau centre public permettrait de diminuer les coûts d’exploitation, voire de produire des recettes.

Le conseil a également évalué laquelle des deux propositions répondait davantage aux besoins de la collectivité. L’aréna ainsi projeté sera construit dans l’est de Windsor, là même où les résidents réclament un agrandissement des installations récréatives depuis un certain temps. La proposition déposée par l’hippodrome ne prévoyait pas l’ajout d’un nombre suffisant de nouvelles patinoires, et le complexe aurait été mal situé.

À la fois les travailleuses et travailleurs d’extérieur de Windsor, représentés par la section locale 82 du SCFP, et le conseil du district de Windsor du SCFP avaient livré des présentations aux membres du conseil. Le SCFP avait rappelé aux conseillers municipaux les coûts cachés de tout PPP – dont des frais d’administration et des coûts de supervision du travail prévu au contrat. En vertu de la proposition de partenariat public-privé, la Ville aurait eu à renoncer à 1,8 million par année en impôts fonciers – une somme considérable au cours des 40 années de durée du contrat.

« Nous avons pu invoquer un exemple très récent à Kingston qui démontre pourquoi le modèle public demeure le plus efficace », d’expliquer John Grima, membre de la section locale 82 du SCFP et président du conseil du district.

En septembre, la Ville de Kingston a pris la décision de construire et de gérer elle-même un complexe récréatif plutôt que d’en confier la construction et la gestion à un PPP. Le personnel municipal jugeait que des installations de propriété et de gestion publiques répondraient mieux aux besoins des groupes locaux et de la collectivité tout en contribuant à réduire les coûts. Le secteur public était également préférable pour ce qui concernait la coordination des réservations avec les autres installations municipales, l’imputabilité et la participation de la Ville aux processus décisionnels.

Selon le rapport produit par le personnel, le multiplexe de propriété et de gestion publiques était tout aussi capable de produire des revenus et de satisfaire des normes de maintenance élevées qu’un complexe privé. Ce n’est que sur le plan du marketing que le privé pouvait faire mieux que le public.

D’ajouter Grima : « La sécurité était également une de nos grandes préoccupations. Nous sommes des professionnels qualifiés qui devons nous soumettre à des vérifications judiciaires menées par le service policier. Des enfants fréquentent ces installations. Une entreprise privée travaillera-t-elle selon des normes aussi rigoureuses? » Les travailleuses et travailleurs municipaux affectés aux arénas reçoivent également une formation en premiers soins et savent comment se servir d’un défibrillateur.

Le SCFP a sensibilisé les élus à d’autres problèmes avec les PPP, dont la possibilité que la Ville se fasse refiler une facture d’entretien différé. « C’est arrivé dans le cadre d’autres PPP. Lorsque le contrat échoit, les factures d’entretien atteignent des montants astronomiques puisque les installations ont été négligées au fil des années pendant que l’exploitant empochait les profits au lieu de les réinvestir », explique Grima.

La proposition de PPP déposée par l’hippodrome ouvrait également toute grande la porte en autorisant l’entreprise à vendre des droits d’appellation du nouveau complexe. Le SCFP a invoqué un récent exemple à Toronto, où une entreprise privée avait accusé un profit intéressant sur un stade bénéficiant pourtant de subventions gouvernementales. Bien que le nouveau stade de soccer soit actuellement en construction, Maple Leaf Sports and Entertainment (MLSE) a néanmoins réussi à produire des revenus de 27 millions en vendant les droits d’appellation à la Banque de Montréal pour les dix prochaines années.

L’annonce est tombée après que MLSE avait convaincu le gouvernement fédéral d’y injecter 27 millions. La province y avait contribué 8 millions supplémentaires tandis que la Ville de Toronto avait investi 10 millions et fait don du terrain. Quant à MLSE, l’entreprise couvrait sa propre contribution de 18 millions en vendant les droits d’appellation. Ainsi, MLSE se trouvait à accuser un profit de 9 millions avant même l’achèvement des travaux de construction.

Ces exemples ne font qu’ajouter aux preuves démontrant que les installations de propriété et de gestion publiques sont les plus avantageuses pour les collectivités. Cliquez sur http://www.cupe.ca/updir/p3arenas.pdf pour consulter les résultats de la recherche menée par le SCFP sur les arénas issus de PPP.