En cette Semaine des soins infirmiers, le SEIU Healthcare et le Conseil des syndicaux d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP) lancent un appel urgent de soutien aux infirmières auxiliaires autorisées (IAA). Les deux syndicats ont publié des sondages montrant les traumatismes et les troubles subis par les IAA en première ligne de notre système de santé.

Aujourd’hui, une IAA travaillant dans un hôpital d’Ottawa a parlé ouvertement de son expérience pendant la pandémie. Tout au long de la semaine, les IAA représentées par le CSHO-SCFP et le SEIU ont raconté leur épuisement émotionnel et physique, leur angoisse face à l’inadéquation des soins aux patients et leur stress pendant la pandémie de COVID-19. Leurs dires se reflètent aussi dans les résultats d’un sondage du CSHO-SCFP auprès de 700 IAA hospitalières d’Ottawa, de Kingston et de Cornwall.

Ce sondage mené début avril 2021 par Oracle Polling a révélé que :

  • 59 pour cent des IAA s’en sortent mal (c’est 8 pour cent de plus que la moyenne provinciale);
  • 53 pour cent décrivent leur santé mentale comme étant mauvaise (encore une fois, c’est 8 pour cent plus élevé que la moyenne provinciale);
  • 34 pour cent ont le moral bas;
  • 86 pour cent disent que la charge de travail a beaucoup augmenté;
  • 64 pour cent disent que la violence au travail est en hausse;
  • 75 pour cent pensent que le risque d’erreurs médicales a augmenté;
  • 40 pour cent ont été exposées à la COVID-19 ou l’ont contractée; 24 pour cent de ces personnes n’étaient pas payés pour les jours de maladie qu’elles ont dû prendre pour s’isoler ou se placer en quarantaine.

Les IAA portent le poids d’une pandémie sur leurs épaules sans le soutien financier ou émotionnel dont elles ont besoin. Le faible niveau de dotation en personnel dans nos hôpitaux signifie que le travail est dangereux et mène à l’épuisement mental et physique. Et l’importance de l’emploi à temps partiel dans le secteur hospitalier signifie que les IAA continuent à se passer de jours de maladie payés adéquats et d’indemnité pour isolement lorsqu’elles contractent la COVID-19 ou sont exposées au virus.

COUP D’ŒIL SUR LES DONNÉES DU SONDAGE DU SEIU HEALTHCARE :

  • 93 pour cent des IAA déclarent souffrir d’épuisement mental et physique.
  • 72 pour cent des IAA estiment que la dotation en personnel est insuffisante pour prodiguer des soins de qualité aux patients.
  • 66 pour cent des IAA déclarent avoir vu un ou une collègue victime de violence au travail.

Il incombe au gouvernement du premier ministre Ford et à l’Association des hôpitaux de l’Ontario d’autoriser immédiatement les ressources nécessaires pour :

  1. augmenter le niveau de dotation en personnel par des emplois à temps plein qui s’accompagnent d’augmentations salariales permanentes supérieures au taux d’inflation, ce qui n’est possible que par une exception à la loi 124;
  2. garantir l’accès à du soutien en santé mentale;
  3. fournir des conditions de travail sûres avec un EPI complet, la distribution de la deuxième dose de vaccin sur place et des congés de maladie payés.

Le SEIU Healthcare et le CSHO, la division hospitalière du Syndicat canadien de la fonction publique en Ontario (SCFP-Ontario), représentent ensemble environ 70 000 travailleurs du système hospitalier ontarien, dont 20 000 infirmières auxiliaires autorisées (IAA).

CITATIONS :

« Les recherches nous montrent que le fait de refuser aux infirmières auxiliaires autorisées un salaire équitable et un niveau de dotation sûr signifie que nos hôpitaux sont sur le point de connaître un exode du personnel de première ligne. L’épuisement professionnel est bien réel; les décideurs doivent tenir compte des avertissements. Les infirmières ne peuvent pas continuer à travailler plus avec moins de personnel, du personnel qui porte maintenant le poids émotionnel et physique d’une pandémie. Le gouvernement du premier ministre Ford a fait aggraver la médecine de couloir et laissé les listes d’attente s’allonger, et ce, avant que la pandémie ne nous frappe. Dans le sillage de la pandémie, nous réclamons un meilleur sort pour les infirmières auxiliaires autorisées de l’Ontario. » Sharleen Stewart, présidente du syndicat SEIU Healthcare.

« Notre sondage dresse un tableau frappant : des infirmières épuisées qui se sentent sans valeur et sans soutien. Un grand nombre envisagent de quitter les soins infirmiers. À chaque tournant, on leur a claqué la porte au visage. On leur a refusé l’équipement de protection dont elles ont besoin pour travailler en toute sécurité. Elles ne sont pas encore complètement vaccinées, bien qu’elles travaillent avec des patients atteints de la COVID-19. Elles ne sont pas payées quand elles doivent passer dix jours à la maison parce qu’elles ont contracté la COVID-19. On leur ordonne d’accepter une diminution de salaire en dollars constants. Les infirmières se sont vraiment mobilisées pour la population de l’Ontario pendant cette crise; elles méritent tellement plus de leur gouvernement que des platitudes. » Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP.