Le syndicat représentant le personnel de pathologie du Hamilton Health Sciences (HHS) demande au gouvernement de l’Ontario de reconsidérer sa récente décision de rediriger les dossiers de pathologie de Niagara à Toronto, en contournant Hamilton.

Cette décision de transférer les autopsies de Niagara à Toronto est la dernière d’une série de décisions controversées et discutables liées à la fermeture des services de médecine légale du HHS, prévue en juillet 2020.

« Ça n’a aucun sens de conduire des dépouilles de Niagara à Toronto sur une autoroute (le Queen Elizabeth Way) souvent congestionnée, alors que des professionnels compétents peuvent effectuer des autopsies ici même dans notre communauté. C’est évident que le HHS souhaite continuer d’offrir ce précieux service », indique le président du SCFP 7800, Dave Murphy.

Le transfert des autopsies médico-légales de la région de Hamilton/Niagara au bureau du coroner à Toronto suscite une vive opposition. De nombreux groupes ont dénoncé le fait que cette décision n’était pas pratique, car elle risque d’allonger les délais d’exécution des autopsies, de retarder les enquêtes policières et d’obliger les agents à se rendre à Toronto pour les cas d’homicides et de mort soudaine de jeunes enfants.

« Ces retards ne feront qu’aggraver le stress et le chagrin des familles qui attendent de savoir comment leur proche est décédé », déplore M. Murphy.

La fermeture de l’unité signifie aussi que la faculté de médecine de l’Université McMaster sera la seule en Ontario à ne pas disposer d’un centre local de formation en médecine légale. En outre, nous savons maintenant que la fermeture de l’unité de médecine légale de Hamilton a été décidée sans les permissions nécessaires. « C’est inquiétant que la solliciteure générale ne soit pas intervenue », souligne M. Murphy.

Le regroupement des services de médecine légale à Toronto va à l’encontre du plan stratégique du Système ontarien d’enquêtes sur les décès, qui prône la gestion d’un plus grand nombre de cas à l’échelle locale, remarque Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP.

À l’heure actuelle, l’unité de pathologie de l’hôpital de Hamilton compte trois pathologistes judiciaires à temps plein et des techniciens en autopsie, qui participent aux enquêtes sur divers types de décès, dont des homicides, des décès pédiatriques et des surdoses.

« L’expertise est déjà présente à l’hôpital HHS. Transférer les dossiers médicaux-légaux de Niagara à Toronto coûtera cher et allongera les délais d’attente des résultats. Le gouvernement provincial devrait revenir sur sa décision », estime M. Hurley.