Le SCFP 2316, qui représente approximativement 500 travailleuses et travailleurs de la Société d’aide à l’enfance (SAE) de Toronto, a déposé un rapport recommandant de ne pas instituer de commission de conciliation, ce qui a déclenché le compte à rebours vers une grève légale dès le 13 février. Pendant ce temps, les travailleuses et travailleurs de soutien et de première ligne continuent d’avertir que le manque chronique de personnel et les années de sous-financement public mettent les enfants et les familles à risque.

La décision de déposer ce rapport fait suite à un mandat de grève fort des travailleuses et travailleurs, où 82 % des membres ont voté et où 83 % se sont dit en faveur de la grève. Malgré ce message clair, l’employeur refuse toujours de régler les problématiques liées au manque d’effectifs, à la prestation des services, à la charge de travail trop élevée et à l’épuisement professionnel.

« Nos membres ont été plus que clairs », soutient Aubrey Gonsalves, président du SCFP 2316. « Le personnel est au bout du rouleau, les services sont coupés au maximum, et l’employeur ne s’occupe toujours pas de la crise de la main-d’œuvre. Ça ne peut plus durer. La situation met à risque les travailleuses et travailleurs, de même que les enfants, les jeunes et les familles que nous aidons. Nous nous préoccupons sincèrement des enfants, des jeunes et des familles, mais nous ne pouvons plus accepter ces conditions de travail. »

Plus tôt ce mois-ci, le SCFP 2316 a officiellement informé la SAE de Toronto que les conditions de travail actuelles empêchent les travailleuses et travailleurs de remplir leurs obligations en vertu de la Loi sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille. Le syndicat a alerté que l’épuisement professionnel, la suppression d’emplois et les compressions budgétaires dans les programmes internes et de prévention créent des manques importants dans la prestation des services et augmentent le risque de préjudice grave pour les enfants.

« La SAE de Toronto n’est pas en mesure de négocier pour nous sortir de la crise financière, mais elle refuse toujours de s’opposer au gouvernement et d’exiger davantage de financement, affirme Aubrey Gonsalves. La position de l’employeur est le résultat d’années de sous-financement provincial. C’est le personnel et les familles qui paient le prix pour le refus du gouvernement Ford de financer correctement la protection de l’enfance, et ça doit cesser. »

Le SCFP 2316 dénonce l’aggravation de la situation et les exigences croissantes imposées aux travailleuses et travailleurs. Tout ça met les citoyen(ne)s les plus vulnérables à risque.

« On se tourne vers la grève pour protéger les enfants et les familles, mais aussi les travailleuses et travailleurs, précise Aubrey Gonsalves. Si le gouvernement et l’employeur continuent comme ça, la crise et l’austérité l’emporteront sur la prévention et la sécurité. »

Le SCFP 2316 demande au gouvernement provincial d’augmenter immédiatement le financement du système de protection de l’enfance, et il presse la SAE de Toronto de retourner à la table de négociation avec des solutions concernant la charge de travail, le recrutement et la prestation de services afin d’éviter la grève et d’offrir le soutien nécessaire aux enfants et aux familles.