Les membres du SCFP 2974.1 qui travaillent pour le comté d’Essex ont voté en faveur de la grève après des mois de négociations où la direction n’a cessé d’exiger des concessions et de recourir à des manœuvres dilatoires.
L’unité de négociation regroupe les travailleuses et travailleurs du Centre civique du comté d’Essex, de la décharge régionale, de la station de transfert de Kingsville et du centre de recyclage. Cette unité est la deuxième du SCFP à évoquer un moyen de pression contre le comté d’Essex cet été, après que les paramédics, représenté(e)s par le SCFP 2974.2, aient demandé un avis de non-conciliation en juillet.
Parmi les revendications du SCFP 2974.1 figure en premier lieu un traitement équitable entre la main-d’œuvre syndiquée et non syndiquée. En vue de résoudre le problème chronique de recrutement et de maintien en poste, le comté d’Essex a aligné les salaires de l’ensemble des travailleuses et travailleurs non syndiqués ainsi que des cadres sur le 60e centile des municipalités voisines, ce qui correspond à une augmentation salariale d’environ 18 %, en affirmant ensuite qu’il était impossible de faire de même pour les membres du SCFP 2974.1.
« On ne demande pas de traitement de faveur, on veut juste que les mêmes principes s’appliquent à nous aussi », dénonce Lindsay Simpson, vice-présidente du SCFP 2974.1 et opératrice de balance de décharge. « Mais on nous dit plutôt qu’il faudra attendre la fin d’une nouvelle convention collective pour atteindre le même objectif. »
Selon cette proposition, les travailleuses et travailleurs syndiqués n’atteindraient le 60e centile qu’en 2028, et resteraient donc pendant trois ans au taux du marché de 2025.
« Il n’y a aucun plan de rattrapage ici, donc on nous garantit somme toute qu’on va rester loin derrière, ce qui poussera la main-d’œuvre qualifiée à continuer de chercher du travail ailleurs, s’indigne Lindsay Simpson. Ces personnes ont augmenté leur propre salaire pour dire ensuite aux travailleuses et travailleurs de première ligne qu’il n’est pas raisonnable de leur accorder le même traitement. »
Cette proposition inéquitable vient s’ajouter à un cycle budgétaire déjà marqué par l’approbation, par les élu(e)s au comté d’Essex, d’une augmentation de 137 % de leurs propres salaires.
« Les membres du SCFP dont les chèques de paie sont signés par le comté d’Essex voient clair dans cette pratique : les élu(e)s au conseil et la direction ont leurs propres barèmes salariaux généreux, tandis que les travailleuses et travailleurs doivent se contenter des restes modestes », s’est offusqué James Jovanovich, président du SCFP 2974 et paramédic dont l’unité de négociation a également voté en faveur de la grève.
Le Comté demande notamment en concession un changement dans le remboursement des médicaments génériques qui ferait peser les coûts sur le personnel et réduirait la souplesse de leur couverture. Il a par ailleurs rejeté toutes les propositions d’amélioration des avantages sociaux, notamment les augmentations relatives aux lunettes, aux couronnes dentaires et aux soins chiropratiques.
« Ce vote concerne l’équité, le respect et l’avenir des services publics dans le comté d’Essex, déclare Lindsay Simpson. Si le Comté souhaite conserver son personnel expérimenté et attirer de nouvelles recrues, il doit cesser de faire passer les travailleuses et travailleurs syndiqués au second plan. »
Les deux parties retourneront à la table de négociation le 26 août prochain.