Les paramédics des Huron County Paramedic Services ont voté massivement en faveur de la grève lors de leur tout premier vote de grève, envoyant un message clair au comté de Huron : il faut améliorer le soutien en santé mentale ainsi que les salaires et les avantages sociaux.
Les 112 paramédics du SCFP 4513 ont toujours eu recours à l’arbitrage pour régler les différends qui persistent à la table de négociation. Ce vote marque un tournant important pour la section locale et témoigne de la gravité des problèmes auxquels les membres font face : stagnation des salaires, pressions croissantes sur les services médicaux d’urgence et croissance de la population.
La totalité des membres du SCFP 4513 a pris part au vote, qui s’est soldé par un appui de 99 % à la grève.
« Pendant des années, nous avons confié notre sort à d’autres en ayant recours à l’arbitrage, et c’est ce qui a conduit à la situation actuelle. Maintenant, nous reprenons les choses en main pour nous battre afin d’obtenir les ressources dont nous avons besoin », a déclaré Kelsy Long, paramédic comptant plus de 14 ans d’expérience et présidente du SCFP 4513. « Nous ne voulons pas faire la grève, mais je suis extrêmement fière de nos membres d’avoir franchi ce pas. Nous avons besoin d’un service durable, capable de répondre aux besoins de nos communautés tout en prenant soin des personnes qui assurent ces services. »
Les salaires et les avantages sociaux des paramédics du comté de Huron accusent un retard par rapport à ceux offerts dans des services paramédicaux comparables, ce qui entraîne une crise de la main-d’œuvre au sein du service. Depuis 2016, les membres n’ont obtenu que 6 $ d’augmentation salariale, alors que l’inflation a atteint 28,84 % au cours de la même période.
La pression sur les effectifs devient de plus en plus difficile à ignorer. Quatre paramédics ont quitté le service depuis l’été, et sept l’ont fait depuis l’échéance de la dernière convention collective du SCFP 4513. Malgré ces départs, la direction nie que le service traverse une crise de la main-d’œuvre.
Les deux parties ont réalisé des progrès sur plusieurs priorités de négociation établies par les membres, notamment les dispositions relatives au personnel volant, le libellé des affichages de postes et les congés pour responsabilités familiales. Cependant, des désaccords importants persistent sur les questions jugées prioritaires par les membres, notamment les prestations en santé mentale, les salaires et les avantages sociaux.
La proposition salariale de la direction ferait en sorte que les paramédics du comté de Huron continuent de toucher des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues des comtés voisins, notamment celui de Perth, où les paramédics ont récemment obtenu des augmentations totalisant 18 %, et celui de Bruce, où les augmentations ont atteint 20 %. Par ailleurs, la direction n’a toujours proposé aucune amélioration des avantages sociaux, notamment du soutien en santé mentale dont les paramédics ont besoin pour faire face aux exigences de leur travail.
« On nous dit qu’il faut choisir entre les augmentations salariales et les avantages sociaux en santé mentale. Pourtant, d’autres services ont réussi à trouver les fonds nécessaires pour offrir des salaires concurrentiels tout en fournissant aux paramédics les ressources nécessaires pour prendre soin de leur santé », a déclaré Kelsy Long. « Nous ne devrions pas avoir à nous battre autant pour obtenir une convention collective qui reconnaît notre contribution et nous permet de subvenir aux besoins de nos familles. »
Les paramédics ont conscience de la gravité d’un vote de grève et ne prennent pas cette décision à la légère. Deux journées de réunions ont été organisées avec les membres pour s’assurer que tout le monde comprenne bien les enjeux. Ce résultat sans équivoque témoigne de l’ampleur du mécontentement des membres et de leur détermination à obtenir une entente équitable qui reconnaisse leur contribution à la communauté.
« Depuis que notre convention collective est arrivée à échéance, le comté n’a consacré que six jours aux négociations et a limité ses disponibilités aux heures normales de bureau. Notre comité de négociation a toujours été disposé à se réunir à d’autres dates et à prolonger les séances pour faire avancer les négociations », a déclaré Kelsy Long. « Nos membres méritent que les négociations progressent rapidement vers une entente équitable. Nous sommes disposé(e)s à y consacrer le temps nécessaire et nous demandons au comté de prendre le même engagement. »
Les deux parties doivent reprendre les négociations les 23 et 24 novembre. Le SCFP 4513 a demandé la nomination d’une personne conciliatrice, mais celle-ci n’a pas encore été désignée.