Un nouveau sondage montre que la population de la région de Niagara réclame des mesures contre la crise touchant les paramédics, et le Conseil régional choisit de faire la sourde oreille

La population de la région de Niagara envoie un message clair : investissez dans les services paramédicaux avant que le système ne s’écroule. Le Conseil régional de Niagara refuse d’écouter.

Selon un récent sondage d’opinion demandé par le SCFP 911, la population approuve largement l’augmentation du financement des services paramédicaux, tandis que les délais d’intervention se détériorent et que le personnel de première ligne met en garde contre la fragilité du système.

Le sondage, réalisé par Forum Research, a révélé que neuf personnes résidant dans la région de Niagara sur dix considèrent comme une priorité l’augmentation des financements pour améliorer les délais d’intervention, tandis qu’une écrasante majorité réclame également l’égalité salariale avec les autres premiers intervenant(e)s ainsi qu’un renforcement des ressources en matière de santé mentale pour le personnel ambulancier et le personnel de répartition d’urgence.

Cependant, le Conseil régional de Niagara a refusé, dans son ensemble, de se réunir et de discuter des conclusions, comme le SCFP 911 le demandait à répétition.

« La population comprend ce qui est en jeu ici, même si elle ne voit pas toujours les pressions qui s’exercent en coulisses », a déclaré Dave Barnett, président du SCFP 911 et ambulancier paramédical comptant 16 ans d’expérience.« Nos membres sont à bout de souffle, ils font un nombre impressionnant d’heures supplémentaires, les délais d’intervention se dégradent et le public en pâtit. Le Conseil refuse d’autoriser notre syndicat à prendre la parole devant lui pour discuter des solutions, malgré le soutien clair de l’opinion publique en faveur d’une action. »

Les failles du système sont déjà visibles dans les données. La capacité des services médicaux d’urgence de Niagara à dépêcher une ambulance dans un délai de deux minutes en cas d’arrêt cardiaque est passée de 90 % en 2017 à seulement 33 % en 2024. Dans le même temps, le nombre d’appels a augmenté de plus de 50 % sans que les effectifs ne suivent.

Le SCFP 911, qui représente 470 ambulanciers et ambulancières, répartiteurs et répartitrices et ergothérapeutes dans l’ensemble de la région, soutient que la crise découle d’un sous-investissement chronique et d’un problème récurrent de recrutement et de rétention du personnel. Les ambulancières et ambulanciers de soins primaires de la région de Niagara gagnent environ 20 % de moins que les corps policiers et le personnel pompier, tout en ne recevant annuellement que 3 000 $ de soutien en matière de santé mentale, ce qui est bien inférieur aux 20 000 $ accordés au service de police local.

« On ne peut pas doter un service d’urgence 24/7 en sous-évaluant le personnel et en ne lui fournissant pas le soutien dont il a besoin », a déclaré M. Barnett. 

Le sondage a également révélé que :

  • 83 % des personnes interrogées sont favorables à l’égalité de rémunération avec le personnel policier et le personnel pompier.
  • 96 % des personnes interrogées sont favorables à un meilleur soutien en matière de santé mentale pour le personnel ambulancier.

Le SCFP 911 propose des solutions claires : augmenter le personnel, réduire l’écart salarial avec les autres premiers intervenant(e)s et offrir au personnel ambulancier et au personnel de répartition d’urgence le soutien en santé mentale dont ils ont besoin pour rester au travail. Même si certaines conseillères et certains conseillers ont démontré une ouverture à entendre les informations du SCFP 911, le Conseil régional a refusé de se réunir et a choisi l’inaction.

« Ce n’est pas un problème compliqué. C’est une question de priorités », a affirmé M. Barnett. « La population de Niagara dit au Conseil quels sont ses besoins. À l’approche des élections municipales, l’électorat sera attentif à la disposition à écouter de nos dirigeant(e)s. »