« NON aux compressions à Santé Bruyère » : le SCFP 4540 profite d’un rassemblement pour remettre à la direction la pétition signée par ses membres et la population

 Les travailleuses et travailleurs de Santé Bruyère jouissent d’un fort soutien populaire dans leur campagne contre la dégradation des soins dans leurs hôpitaux, après la suppression de 55 emplois de première ligne. Dans les dernières semaines, 1 400 personnes ont signé une pétition pour exhorter la direction des hôpitaux de faire marche arrière sur les suppressions d’emplois annoncées.

Le 10 septembre dernier, le SCFP 4540, qui représente 875 membres du personnel de Santé Bruyère, a tenu un rassemblement devant l’Hôpital Saint-Vincent, puis a remis à la direction une version grand format de cette pétition. D’autres sections locales du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario affilié au SCFP (CSHO-SCFP) étaient également sur place pour montrer leur soutien.

La direction des hôpitaux avait annoncé, en mars, la suppression de 9 postes d’infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés et de 46 postes de préposé(e)s aux soins personnels (PSP). Cette diminution représente 30 % de l’effectif des PSP – des employé(e)s pourtant indispensables qui facilitent le quotidien des patient(e)s ayant besoin d’aide pour se déplacer, faire leur toilette et prendre leur bain.

Douglas Currier, président du SCFP 4540 et lui-même infirmier auxiliaire autorisé, souligne à quel point ces mesures draconiennes nuisent considérablement à la mission première de Santé Bruyère : fournir des soins sécuritaires aux patient(e)s. Sabrer ainsi dans l’effectif des PSP revient à transférer le fardeau directement sur le personnel infirmier auxiliaire, qui croule déjà sous de lourdes charges de travail. Dans un sondage mené en décembre 2025 par le SCFP, 67 % des travailleuses et travailleurs avaient indiqué déjà devoir travailler pendant leurs pauses pour compenser le manque de collègues.

Les coupes à Santé Bruyère s’inscrivent dans une tendance générale du secteur hospitalier, où les politiques d’austérité du gouvernement provincial ont conduit à quelque 2 000 licenciements. Alors que les coûts d’exploitation des hôpitaux bondissent de 6 % chaque année, le gouvernement Ford n’a alloué qu’une maigre hausse de financement de 3,3 % pour 2026-2027 – et il s’agit en fait d’une baisse en dollars réels une fois l’inflation prise en compte.

« Le gouvernement Ford s’acharne à démolir notre système de santé, ce que nous condamnons vivement, affirme Douglas Currier. J’ai discuté avec des centaines de personnes aux premières lignes. Elles n’en peuvent tout simplement plus de toutes ces décisions inacceptables. En plus d’alourdir les charges de travail, ces changements accentuent les risques de blessures et de violence au travail et dégradent la qualité des soins. »

L’infirmier chevronné signale que même si le problème découle fondamentalement de la diminution du financement par le gouvernement, la direction de Santé Bruyère aurait dû explorer d’autres manières de réduire le déficit.

D’après Michael Hurley, président du CSHO-SCFP, le gouvernement est obsédé par l’idée de réduire les dépenses en santé, ce qui nuit gravement aux communautés qui ont désespérément besoin d’hôpitaux locaux comme ceux de Santé Bruyère. Au Canada, c’est en Ontario que les dépenses hospitalières par personne sont les plus faibles.

« Notre population est en hausse et vieillissante, et malgré la demande croissante, les hôpitaux locaux doivent se battre pour chaque dollar de financement, explique-t-il. Les compressions à l’Hôpital Elisabeth-Bruyère affectent une catégorie de patient(e)s particulièrement vulnérables. Elles éliminent des milliers d’heures en soins infirmiers et personnels destinés à des gens aux prises avec des ennuis de santé complexes, beaucoup étant même alités en permanence. Le gouvernement Ford doit être tenu responsable des conséquences de ces coupes. »

Selon Douglas Currier, le succès de la pétition témoigne de l’unité entre les travailleuses, les travailleurs et la communauté. Ces personnes continueront à défendre, ensemble, l’amélioration des services à Santé Bruyère.