Le projet pilote d’inscription en ligne lancé au centre de soins d’urgence St. Joseph’s est une erreur, selon le SCFP, car il risque de discriminer les personnes vulnérables et de rallonger le temps d’attente sans résoudre le problème de fond.
La semaine dernière, l’établissement St. Joseph’s Healthcare Hamilton a annoncé que les patient(e)s pourraient s’inscrire en ligne aux soins d’urgence avant leur arrivée sur le campus King, soi-disant pour réduire le temps d’attente vu la hausse de la demande.
Le syndicat, qui représente 2 000 employé(e)s de l’hôpital, affirme toutefois que cette inscription en ligne créera un système à deux vitesses qui donnera un accès plus rapide à certains membres de la population au détriment des autres.
« La préinscription en ligne, déguisée en innovation, n’est qu’une autre forme de discrimination », dénonce Rick Rigby, président du SCFP 786. « Elle compromet l’égalité d’accès aux services selon la classe sociale, le handicap et le statut. Elle marginalisera les personnes qui n’ont pas accès à Internet ou à un téléphone intelligent, notamment la population itinérante. Elle pénalisera aussi les gens qui ne sont pas à l’aise avec la technologie ou qui souffrent d’un handicap visuel, dont de nombreuses personnes âgées. Et c’est sans oublier toutes les personnes qui ne se sentent pas à l’aise de remplir en ligne des formulaires en anglais ou en français, comme celles nouvellement arrivées au pays. Ça nous déçoit que l’hôpital n’ait pas réussi à trouver une solution plus équitable pour réduire le temps d’attente. »
On assiste à une hausse rapide de la demande de soins d’urgence sur le campus King, mais le nœud du problème ne se situe pas du côté des délais d’inscription, selon Rick Rigby. Il ne faut que quelques minutes pour inscrire un(e) patient(e). C’est à l’hôpital d’augmenter ses effectifs pour alléger la pression sur le système.
« L’inscription est souvent rapide, mais les patient(e)s doivent quand même attendre des heures vu le grand nombre de cas à traiter par les médecins et le personnel infirmier », affirme-t-il. « La préinscription n’apporte donc pas grand-chose. Et venir avec l’espoir d’être pris en charge plus rapidement ne fera qu’accroître la pression sur le personnel, qui subit déjà des agressions et des actes de violence de la part de certains membres du public. »
Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP (CSHO-SCFP), estime que l’hôpital doit tenir compte de l’équité, un principe fondamental du système de santé public.
« On ne peut présumer que tout le monde a le même accès à la technologie, fait-il remarquer. On ne veut pas de situation où des personnes aisées et relativement en santé passeraient devant des personnes plus vulnérables. Ce genre de disparité irait à l’encontre du principe d’accessibilité énoncé dans la Loi canadienne sur la santé. »
