Les difficultés financières de la Société d’aide à l’enfance de Nipissing ne doivent pas être réglées au détriment du personnel de première ligne

Alors que la Société d’aide à l’enfance de Nipissing prévoit un déficit de cinq millions de dollars, le syndicat qui représente ses travailleuses et travailleurs exhorte l’organisme à se pencher sérieusement sur la façon dont ses ressources sont utilisées. Il lui demande de cesser d’exiger du personnel de première ligne d’en faire toujours plus avec toujours moins.

Le SCFP 2049 représente des travailleuses et travailleurs qui fournissent des services essentiels aux enfants, aux jeunes et aux familles de toute la région. Alors que les travailleuses et travailleurs peinent à composer avec la hausse du coût de la vie et l’alourdissement de leur charge de travail, le syndicat affirme que des membres de la direction ont reçu des augmentations salariales de plus de 25 % au cours des 5 dernières années. C’est ce que révèlent les données récentes de la liste de Divulgation des traitements dans le secteur public de l’Ontario (la « Sunshine List »). 

« À l’heure où l’on demande au personnel de première ligne d’assumer une charge de travail toujours plus lourde, nous constatons des augmentations importantes de la rémunération de membres de la direction », a déclaré Meaghan Spykerman, présidente de la section locale 2049 du SCFP. « Nos membres ont de plus en plus de mal à faire face à la hausse du coût de la vie, et beaucoup doivent assumer une charge de travail accrue avec moins de personnel. Ces personnes aussi méritent un salaire équitable. »

Le syndicat affirme que l’organisme réduit progressivement les postes syndiqués au moyen de l’attrition et qu’il a mis à pied trois personnes supplémentaires au printemps dernier. Entre-temps, la pénurie de personnel est devenue si criante que l’organisme fait désormais régulièrement appel à du personnel contractuel, à grands frais, tandis que la charge de travail continue de reposer sur un nombre toujours plus restreint de travailleuses et travailleurs de première ligne.

« Cette main-d’œuvre est à bout de souffle », a déclaré Meaghan Spykerman. « On ne peut pas continuellement supprimer des postes de première ligne, mettre des personnes à pied et recourir à du personnel contractuel, puis s’étonner de ne pas avoir la capacité nécessaire pour offrir les services dont nos communautés ont besoin. » 

Le syndicat souligne également que la pénurie de familles d’accueil à laquelle l’organisme est confronté est directement liée aux difficultés actuelles en matière de personnel. Le recrutement, la formation et le soutien des familles d’accueil demandent du temps et l’établissement de relations durables. Or, les travailleuses et travailleurs de première ligne en disposent de moins en moins à mesure que leur charge de travail augmente et que les effectifs diminuent.

Le SCFP 2049 souligne également que les pressions financières auxquelles l’organisme est actuellement confronté ne datent pas d’hier. Le syndicat estime que la population mérite d’avoir un portrait plus complet de la situation financière de l’organisme au fil des ans. Cela comprend notamment l’évolution de ses déficits et de ses pressions financières en parallèle de la rémunération des cadres et membres de la haute direction.

« Il ne faut pas faire des travailleuses et travailleurs les boucs émissaires de problèmes financiers qui se sont accumulés au fil des ans », a affirmé Meaghan Spykerman. « Si l’organisme demande au personnel et au public d’adhérer à un discours sur une crise financière, il doit alors faire preuve de transparence quant à la façon dont les fonds ont été dépensés et aux décisions prises concernant l’affectation des ressources. »

La section locale est actuellement en négociation avec l’organisme en vue du renouvellement de la convention collective. Ses membres souhaitent se mobiliser pour obtenir une convention collective équitable et défendre l’avenir des services sociaux de première ligne à Nipissing et à Parry Sound, tout en poursuivant les négociations de bonne foi. 

« Nos membres méritent qu’on se batte pour leurs droits », a déclaré Meaghan Spykerman. « Chaque jour, ces personnes sont au rendez-vous pour les enfants, les jeunes et les familles de la communauté. Elles méritent d’être respectées, de pouvoir compter sur des effectifs suffisants et de recevoir une rémunération équitable pour le travail essentiel qu’elles accomplissent. »

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