Devant la baisse de l’immigration partout au pays, le SCFP a invité des leaders municipaux à discuter du rôle indispensable que jouent les travailleuses et travailleurs migrants et immigrants dans nos villes et villages.
Le panel a eu lieu lors du congrès annuel de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), à Edmonton.
Les coupes en immigration ont restreint le nombre de travailleuses et travailleurs étrangers temporaires, d’étudiant(e)s étrangers et d’autres immigrant(e)s accueillis au pays.
Ces personnes sont pourtant essentielles aux économies locales et à la population active, et beaucoup servent dans des secteurs indispensables aux municipalités, comme la santé, l’éducation à la petite enfance, la production alimentaire et les métiers spécialisés.
En raison des coupes, les municipalités font face à une hausse des coûts et à des pénuries de main-d’œuvre, alors que les communautés d’immigrant(e)s, elles, sont en proie à la peur et à l’insécurité.
« Le conseil scolaire de Burnaby a mis en place une politique Accès sans peur, parce que les coupes touchent directement les gens, qui se retrouvent de plus en plus sans statut », a exposé Maita Santiago, panéliste et conseillère municipale de Burnaby.
« On note des effets sur les inscriptions à l’école, sur le développement immobilier, sur la participation au marché du travail, sur les entreprises locales et aussi sur la capacité de la communauté à soutenir les personnes vulnérables. Certain(e)s des membres du Syndicat des employés d’hôpitaux (SEH) sont aussi pris dans cette situation et doivent se démener pour trouver une solution », a souligné la conseillère, en ajoutant que cela touche des services dont tout le monde dépend.
« Les Prairies ont une occasion incroyable de croître en accueillant plus de personnes », a lancé la panéliste et conseillère municipale de Regina, Victoria Flores. « Mais maintenant, la réallocation des ressources pour les organismes d’aide aux immigrant(e)s, fait en sorte que ce sont les municipalités qui doivent composer avec les impacts. Il y a une foule de frais cachés lorsqu’on retire les filets de sécurité communautaires. »
Au Canada et ailleurs dans le monde, on observe l’émergence d’un sentiment anti-immigration nourri par des politicien(ne)s de droite qui cherchent un bouc émissaire à des problèmes locaux découlant pourtant du capitalisme, de l’exploitation et de la privatisation. Or, les études démontrent que l’immigration contribue plutôt à l’essor des économies locales et de la société dans son ensemble.
« Mettre nos problèmes sur le dos des immigrant(e)s et des travailleuses et travailleurs temporaires, c’est vraiment malhonnête. Les politicien(ne)s savent bien que sans immigration, le Canada ne tiendrait pas une seule journée », a souligné Alphonse Ahola, panéliste et directeur général de l’agence de relocalisation albertaine Francophonie Canadienne Plurielle.
La vice-présidente générale du SCFP pour l’Ouest (Colombie-Britannique, Alberta et les territoires), Karen Ranalletta, a renchéri : « L’histoire de notre pays est intimement liée à l’immigration. C’est donc illogique que le gouvernement coupe l’immigration au moment où il annonce son projet d’édification nationale. Il nous reste beaucoup de travail à faire. On doit s’organiser et promouvoir la solidarité, et pour ça, on a besoin de tout le monde. »
« Beaucoup de nos membres font partie des personnes qui perdent leur permis de travail et leur statut d’immigration. On va continuer à se battre pour leurs droits et pour mettre fin à ces politiques rétrogrades », a promis Ranalletta.
La FCM représente les intérêts des municipalités du Canada. Collaborateurs de longue date, le SCFP et la FCM plaident en faveur de politiques qui soutiennent la vitalité et la force des communautés où vivent et travaillent les membres du syndicat.