Le SCFP participe à la mobilisation contre les suppressions de postes à l’Hôpital Queensway Carleton d’Ottawa

En juillet, l’Hôpital Queensway Carleton d’Ottawa annonçait le licenciement de 101 membres du personnel, dont 87 infirmières et infirmiers, 7 préposé(e)s à l’entretien et 4 préposé(e)s aux soins personnels du service des urgences. L’Hôpital invoquait, à sa défense, l’insuffisance du financement face à la hausse des coûts d’exploitation (médicaments, salaires, fournitures, etc.).

Le SCFP s’est joint à l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (ONA) et au Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario pour tenir un rassemblement le 19 août et presser l’Hôpital de revenir sur sa décision. 

Les syndicats demandent également au gouvernement provincial d’augmenter le financement du secteur hospitalier pour remédier aux problèmes de plus en plus graves liés au manque de personnel et à la capacité d’accueil.

« En prenant de telles décisions financières, le gouvernement provincial est directement responsable de la pénurie de lits, de l’allongement du temps d’attente et des erreurs médicales qui surviennent faute de personnel suffisant pour répondre aux besoins de nos communautés », s’est indignée Hilder Langwa, préposée aux soins personnels et présidente du SCFP 2875, lequel représente près de 1 000 travailleuses et travailleurs au Queensway Carleton. Elle souligne que les ratios sécuritaires sont une préoccupation majeure pour le personnel.

« Nos membres sont extrêmement préoccupé(e)s par les éventuelles conséquences de cette décision sur leur travail. Jusqu’où irons-nous dans ces coupes? Ces suppressions n’auront pas que des répercussions sur les moyens de subsistance des valeureuses personnes qui ont perdu leur emploi : elles affecteront aussi considérablement la qualité des soins prodigués aux patient(e)s au moment où leurs besoins sont criants. »

Les dernières données provinciales (celles de juin 2026) montrent que seulement 17 % des patientes et patients admis aux urgences de l’Hôpital Queensway Carleton ont été pris en charge dans le délai cible de huit heures. La moyenne d’attente en juin était de 17,4 heures.

Selon le SCFP, les hôpitaux de l’ensemble de la province sont confrontés à une crise qui ne cesse de s’aggraver en raison des compressions budgétaires constantes du gouvernement Ford et de son virage vers la privatisation. Les déficits, qui s’élevaient à 400 millions de dollars à la fin de l’année 2025, obligent les hôpitaux à réduire leurs effectifs pour équilibrer leurs budgets. Plus de 1 300 licenciements ont été annoncés rien que dans la dernière année, et ce, en dépit du manque chronique de personnel et de l’épuisement des travailleuses et travailleurs du milieu hospitalier. 

« C’est le sous-financement délibéré du gouvernement provincial qui a créé les conditions propices à ces licenciements massifs », s’offusque Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP (CSHO-SCFP), qui représente 46 000 employé(e)s du secteur de la santé dans l’ensemble de la province. 

« Bien que les coûts aient augmenté de plus de 6 % cette année, le financement des hôpitaux, lui, n’a augmenté que de 3 %, soit la moitié de ce qui est nécessaire pour ne serait-ce que maintenir le niveau de services actuel. On est loin d’en avoir fini avec la médecine de couloir, la dégradation de la qualité des soins et les délais toujours plus longs pour les interventions chirurgicales. Le gouvernement s’était pourtant engagé à régler tous ces problèmes. L’heure est venue pour lui d’honorer ses promesses à la population de l’Ontario », martèle Michael Hurley. 

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