Alors que le processus de conciliation entre WestJet et le SCFP 8125 (le syndicat représentant les agent(e)s de bord du transporteur) tire à sa fin, la section locale demande au gouvernement fédéral de respecter le processus de négociation collective et de ne pas invoquer l’article 107 du Code canadien du travail pour intervenir.
L’article 107 est réservé aux circonstances exceptionnelles. Pourtant, il est de plus en plus invoqué dans les conflits de travail de ressort fédéral, ce qui soulève l’inquiétude du mouvement syndical quant à la possible ingérence du gouvernement dans les négociations collectives.
L’été dernier, le gouvernement fédéral avait justement invoqué l’article 107 pour interférer dans la grève des agent(e)s de bord d’Air Canada; il avait sollicité le Conseil canadien des relations industrielles pour empêcher les travailleuses et travailleurs d’exercer pleinement leur droit à la négociation. À terme, ce grave précédent pourrait miner la confiance des syndicats quant à leur réelle capacité à mener librement des négociations collectives équitables.
« Au Canada, la négociation collective et le droit de grève sont protégés par la loi », rappelle Alia Hussain, présidente du SCFP 8125. « Quand le gouvernement s’ingère pour empêcher l’exercice de ces droits, il risque de déséquilibrer le processus de négociation. »
La section locale croit que le problème dépasse largement WestJet. Les gouvernements semblent de plus en plus enclins à intervenir dans les conflits de travail, ce qui porte atteinte aux travailleuses et travailleurs, aujourd’hui et dans le futur. L’intégrité du processus de négociation collective dépend de la volonté des employeurs et des gouvernements à respecter les droits pour lesquels les Canadiennes et Canadiens se sont battus, et que les tribunaux ont confirmés à répétition.
Le syndicat demeure déterminé à parvenir à un règlement, mais d’importants problèmes persistent, et la conciliation se termine bientôt. Si le processus en cours s’achève sans entente, les agent(e)s de bord de WestJet pourraient se retrouver en position de grève légale dès le début août.
Le SCFP 8125 demande à WestJet et au gouvernement fédéral de s’engager à respecter le processus de négociation collective afin que les conditions soient réunies pour conclure une entente.
