Le SCFP 4148 dénonce la suppression de postes au Conseil scolaire catholique de Huron-Superior

Le SCFP 4148 et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) condamnent fermement le Conseil scolaire catholique de Huron-Superior pour sa décision de procéder à d’autres suppressions de postes, signalant qu’elles exerceront une pression encore plus forte sur des écoles déjà surchargées, en plus de réduire les mesures de soutien aux des élèves ayant des besoins toujours plus complexes.

Le conseil scolaire a récemment informé le syndicat de son plan visant à éliminer 20,75 postes en 2026-2027, soit 16,5 assistant(e)s en éducation, 1 éducatrice ou éducateur de la petite enfance, 2,25 membres du personnel d’entretien et 1 emploi administratif. Ces coupes surviennent un an après la suppression de 70 emplois de travailleuses et travailleurs de l’éducation dans l’ensemble du conseil scolaire, une décision qui a laissé beaucoup d’écoles dans une situation où elles peinent à répondre aux besoins des élèves. 

Le SCFP 4148 représente environ 550 travailleuses et travailleurs de l’éducation au sein du Conseil scolaire catholique de Huron-Superior, y compris des assistant(e)s en éducation, du personnel administratif, des concierges, du personnel d’entretien, des éducatrices et éducateurs à la petite enfance et du personnel de soutien. 

« Ces coupes sont inacceptables », déplore Crystal Krauter, présidente du SCFP 4148. « Nos membres sont déjà au bout du rouleau, et on ose licencier encore plus de travailleuses et travailleurs de l’éducation? Les charges de travail vont augmenter pendant que le soutien scolaire, lui, se détériorera. Plutôt que de doter les écoles du personnel nécessaire, le conseil scolaire préfère exiger plus avec moins d’employé(e)s. » 

La crise de la main-d’œuvre au Conseil scolaire catholique de Huron-Superior avait déjà été exacerbée par la perte de 70 emplois d’aides-enseignant(e)s en juin 2025, après l’arrêt du financement fédéral issu du principe de Jordan, un programme conçu pour offrir des soins immédiats aux enfants des Premières Nations, malgré les conflits de compétence. Pour les élèves, la suppression prochaine de 16,5 postes d’assistant(e)s en éducation aura un effet dévastateur.

En effet, le manque d’effectifs obligeait déjà ces intervenant(e)s à jongler avec une multitude de responsabilités. Dans certains cas, nos membres doivent soutenir – sans aide adéquate – des élèves qui nécessitent un accompagnement physique exigeant; dans d’autres, des assistant(e)s en éducation qui font déjà 6,5 heures doivent surveiller le dîner des élèves de maternelle en plus de faire leurs tâches courantes. Les tâches du poste administratif en moins seront réparties dans l’ensemble des autres postes administratifs, et il en va de même pour les responsabilités actuellement attribuées aux 2,25 postes d’entretien qui seront supprimés : on les redistribuera au reste du personnel, qui est déjà à bout de souffle.

Le conseil scolaire affirme que la baisse des inscriptions et du financement est à l’origine de ces coupes. Pourtant, selon les prévisions, la fréquentation scolaire diminuera de seulement 18 élèves sur le territoire l’an prochain, et le financement provincial devrait augmenter d’environ 2,6 %, soit de près de 2,3 millions de dollars. De plus, les données relatives à l’effectif démontrent que le ratio d’élèves par assistant(e) en éducation ne cesse de se détériorer : le bassin d’employé(e)s diminue pendant que la pression exercée à son endroit, elle, augmente.

Le CSCSO avance que ces coupes reflètent une tendance à grande échelle provoquée par le sous-financement chronique de l’éducation en Ontario depuis 2018. 

« Ce qui se passe au Conseil scolaire catholique de Huron-Superior, on l’observe aussi ailleurs dans la province. Les travailleuses et travailleurs de l’éducation paient le prix du sous-financement public », affirme Joe Tigani, président du CSCSO. « On parle ici de personnes qui soutiennent les élèves ayant des besoins particuliers, qui assurent la sécurité des écoles et qui veillent au bon fonctionnement des établissements au quotidien. Supprimer ces postes aura des répercussions sur tout le monde. » 

Le SCFP 4148 et le CSCSO demandent au gouvernement provincial de financer adéquatement l’éducation, et au conseil scolaire de faire immédiatement marche arrière. 

« Les élèves méritent des milieux d’apprentissage sûrs qui les soutiennent, plaide Joe Tigani. Ça commence par investir dans les travailleuses et travailleurs qui s’en occupent. Le CSCSO se range derrière les membres du SCFP 4148 qui sont résolu(e)s à se défendre. On est solidaires dans la défense de bons emplois, la protection de services essentiels, et le refus d’un système qui continue de dévaloriser les travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi que les élèves qu’ils et elles servent. »