Le SCFP 3166 et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) condamnent fermement le Conseil scolaire catholique de Halton pour sa décision de supprimer de nombreux postes malgré la pénurie de personnel et l’augmentation de la charge de travail dans l’ensemble du conseil scolaire.
Le conseil scolaire a en effet récemment avisé la section locale qu’il prévoit éliminer 10 postes dans les deux unités de négociation du SCFP 3166, soit sept postes de bureau et trois postes d’entretien, au terme de la présente année scolaire.
Le SCFP 3166 représente environ 450 travailleuses et travailleurs de l’éducation à temps plein, à temps partiel et occasionnels au Conseil scolaire catholique de Halton, notamment dans des postes de secrétariat, de soutien technique, d’entretien et de maintenance.
« Ces suppressions surviennent alors que plusieurs de nos membres sont déjà à bout. Certaines de nos écoles élémentaires n’ont qu’une seule personne au secrétariat, et parfois seulement deux ou trois jours par semaine, pour soutenir des centaines d’élèves, de membres du personnel et de familles. La suppression de ces postes va accroître davantage la charge de travail et réduire le soutien dont nos écoles dépendent », explique Karen Gike, présidente du SCFP 3166.
À maintes reprises, la section locale a soulevé ses préoccupations quant à la pénurie de personnel dans l’ensemble du conseil scolaire. Une analyse des formules de financement provinciales révèle que le Conseil scolaire catholique de Halton emploie un nombre d’employé(e)s de bureau bien en deçà de ce que permettent les fonds générés par l’inscription des élèves. Selon les projections, l’inscription des élèves devrait même augmenter d’environ 1,4 % pour la prochaine année scolaire, ce qui alourdirait le fardeau administratif des écoles déjà surchargées.
Trois des postes éliminés sont des postes de métiers manuels spécialisés actuellement vacants. Le SCFP 3166 souligne que le travail associé à ces postes ne s’est pas pour autant volatilisé. Faute de salaires concurrentiels, le conseil scolaire n’arrive pas à recruter des travailleuses et travailleurs qualifiés du Sceau rouge et continue de confier le travail d’entretien en sous-traitance.
« Ces coupes ne s’attaquent pas au vrai problème, ajoute Karen Gike. Nos membres en font de plus en plus avec de moins en moins de moyens depuis des années. Le conseil scolaire doit investir dans les travailleuses et travailleurs de l’éducation de première ligne, pas réduire le soutien dont ont besoin les élèves, les familles et les communautés scolaires. »
Le CSCSO avance que ces coupes reflètent une tendance à grande échelle provoquée par le sous-financement chronique de l’éducation en Ontario depuis 2018.
« Ce qui se passe au Conseil scolaire catholique de Halton, on l’observe aussi ailleurs dans la province. Les travailleuses et travailleurs de l’éducation paient le prix du sous-financement public », affirme Joe Tigani, président du CSCSO. « On parle ici de personnes qui soutiennent les élèves ayant des besoins particuliers, qui assurent la sécurité des écoles et qui veillent au bon fonctionnement des établissements au quotidien. Supprimer ces postes aura des répercussions sur tout le monde. »
Le SCFP 3166 et le CSCSO demandent au gouvernement provincial de financer adéquatement l’éducation, et au conseil scolaire de faire immédiatement marche arrière.
« Les élèves méritent des milieux d’apprentissage sûrs qui les soutiennent, plaide Joe Tigani. Ça commence par investir dans les travailleuses et travailleurs qui s’en occupent. Le CSCSO se range derrière les membres du SCFP 3166 qui sont résolu(e)s à se défendre. Nous sommes solidaires dans la défense de bons emplois, la protection de services essentiels, et le refus d’un système qui continue de dévaloriser les travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi que les élèves qu’ils et elles servent. »