Les préposé(e)s aux services de soutien à la personne représenté(e)s par le SCFP demandent au gouvernement de l’Ontario de revoir en profondeur un organisme de réglementation décrit comme « fondamentalement défaillant » qui leur refuse des protections et des droits accordés à d’autres travailleuses et travailleurs de la santé.
En signe de protestation, les PSSP ont profité de la Journée des préposés aux services de soutien à la personne (célébrée le 19 mai cette année) pour tenir un rassemblement à l’extérieur du bureau de circonscription de Doug Ford.
Au cœur des doléances : le fait que de plus en plus d’employeurs en santé obligent les PSSP à se joindre à l’Office de surveillance des fournisseurs de soins de santé et de soutien (OSFSSS) comme condition d’emploi.
L’OSFSSS, un organisme de réglementation pour les PSSP et d’autres « membres du personnel de soutien », a été créé en 2021 par le gouvernement de Doug Ford. L’organisme devait servir de registre professionnel, un peu comme l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario et d’autres organismes de réglementation qui régissent la pratique des professionnel(le)s de la santé.
Cependant, ce nouvel organisme expose les travailleuses et travailleurs à des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’à la révocation de leur permis d’exercice, sans garantie d’une procédure équitable, ce qui est très dérangeant. Le SCFP a aussi relevé plusieurs lacunes qui contrastent fortement avec les pratiques d’autres organismes de réglementation :
- Absence de protection du permis d’exercice : La direction de l’OSFSSS peut arbitrairement révoquer le permis d’exercice d’un(e) PSSP, ce qui porte atteinte aux droits fondamentaux à une procédure équitable dont bénéficient l’ensemble des autres travailleuses et travailleurs de la santé encadrés par des règlements.
- Aucun droit d’appel : L’OSFSSS n’autorise pas les PSSP à porter des décisions en appel, même dans les situations où un permis est à risque d’être révoqué. Or, d’autres spécialistes de la santé bénéficient d’un tel droit d’appel (c’est le cas du personnel infirmier, notamment).
- Absence de représentation : Le comité de surveillance de l’OSFSSS n’a actuellement aucune personne pour représenter les PSSP. Les décisions ayant trait à cette profession sont donc prises sans l’accord de ces travailleuses et travailleurs. Il est à noter que l’OIIO a du personnel infirmier dans son conseil d’administration.
« On demande au gouvernement de redresser l’OSFSSS, car les PSSP méritent les mêmes droits que tout le monde », souligne Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP). « Il s’agit d’une main-d’œuvre majoritairement féminine et disproportionnellement racisée que les employeurs ont grandement tendance à exploiter et à traiter avec un mépris flagrant. Si le gouvernement de l’Ontario veut remédier à la pénurie de PSSP, il se doit de leur garantir les mêmes droits fondamentaux que ceux dont bénéficient d’autres travailleuses et travailleurs – y compris un salaire équitable et de bonnes conditions de travail. »
« En n’offrant aucune représentation aux PSSP au sein de l’OSFSSS, Doug Ford n’a fait que créer un obstacle de plus dans le soutien aux travailleuses et travailleurs », ajoute Debra Maxfield, présidente du Comité de coordination des travailleurs des soins de santé du SCFP. « L’implantation de critères discriminatoires repousse le personnel chevronné et confine les recrues dans un système de surveillance incohérent et inefficace. Le gouvernement doit faire mieux pour les PSSP. »
Le SCFP invite la population de l’Ontario à envoyer une lettre à leur député(e) pour exiger du gouvernement qu’il corrige le registre.
