Le conseil d’administration de la Bibliothèque a ciblé les retraité(e)s en supprimant leurs avantages sociaux la veille de la grève, apprend le SCFP

Selon ce qu’a appris le SCFP, qui représente plus de 70 travailleuses et travailleurs en grève à la Bibliothèque publique de Thunder Bay, le conseil d’administration de la Bibliothèque avait déjà décidé d’abolir les avantages sociaux des retraité(e)s la veille du déclenchement de la grève, alors que les travailleuses et travailleurs siégeaient toujours à la table de négociation.

Le syndicat a également confirmé que le conseil d’administration avait sciemment visé les employé(e)s à la retraite, dont les avantages sociaux n’auraient pas dû être touchés par la grève. Toutefois, face à la colère engendrée par cette décision, la direction a rétabli les avantages sociaux, presque trois semaines plus tard.

« On éprouve un profond dégoût à l’idée que le conseil d’administration puisse s’en prendre à des personnes âgées qui n’ont rien à voir avec ce conflit de travail », s’insurge Margaret Demillo, présidente du SCFP 3120, qui représente une soixantaine de travailleuses et travailleurs à la Bibliothèque publique de Thunder Bay. « Les retraité(e)s ne sont pas en grève, et leurs avantages sociaux devraient rester intouchables. »

Les ancien(ne)s employé(e)s, qui n’ont même pas été averti(e)s de la résiliation de leur couverture, l’ont appris à leurs dépens en tentant de payer leurs ordonnances et autres services médicaux essentiels.

« Parmi ces personnes, beaucoup gagnent un revenu modeste et comptent donc sur leurs avantages sociaux pour couvrir leurs dépenses en matière de santé, ajoute Margaret Demillo. Des membres nous ont parlé de l’angoisse totale ressentie lors de la perte de leur couverture, alors qu’ils et elles devaient choisir quels médicaments ne pas acheter. »

Dans la foulée de la tempête médiatique et des discussions en ligne qui prenaient de l’ampleur, la direction de la Bibliothèque a réinstauré les avantages sociaux lundi après-midi. Néanmoins, le syndicat reste très préoccupé par les mécanismes et les motifs qui ont entraîné cette situation.

« On a la preuve que le conseil d’administration n’avait aucune intention d’en arriver à une entente », s’indigne Deryk Fournier, président du SCFP 87, qui représente sept bibliothécaires de la Bibliothèque publique de Thunder Bay. « Au dernier jour des négociations, le syndicat avait passé 10 heures à la table pour tenter d’éviter la grève, mais il semble que le conseil d’administration avait déjà scellé l’issue. »

En vertu du droit du travail de l’Ontario, les employeurs et les syndicats ont l’obligation de négocier de bonne foi et de tout faire en leur pouvoir pour conclure une convention collective. La décision d’abolir les avantages sociaux, un jour avant la date butoir du déclenchement d’une grève, pourrait d’ailleurs constituer une infraction à la Loi sur les relations de travail de l’Ontario.

« On condamne très fermement ce genre de manigances, et on croit que le public aussi », souligne la présidente du SCFP 3120. « Chaque membre du conseil d’administration devrait être tenu(e) responsable de ce comportement déplorable. Comment peut-on juger acceptable de tenir en otage des retraité(e)s dans le cadre d’un conflit avec le personnel actuel? »

Au déclenchement de la grève, le conseil d’administration de la Bibliothèque comptait deux membres du conseil municipal : le conseiller général Trevor Giertuga, qui s’est présenté sans succès à la mairie aux élections du 26 octobre dernier, et le conseiller du quartier Red River, Michael Zussino, qui n’a pas sollicité de nouveau mandat.

« Quel genre de direction accepterait une telle mesure, et surtout, qui est à l’origine de cette aberration? » se demande Deryk Fournier. « Dès que l’idée de cibler des personnes âgées a fait surface, quelqu’un aurait dû se lever pour la dénoncer. C’est une véritable honte que le conseil d’administration ait plutôt choisi d’aller de l’avant. »

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