Interdiction de dénoncer le racisme, la misogynie, l’homophobie, l’intolérance et la transphobie : une mauvaise approche qui nuit aux groupes d’équité

Le plus grand syndicat de la province déclare que la récente décision de la présidence de l’Assemblée législative du Manitoba consistant à interdire l’emploi des mots servant à dénoncer des comportements blessants est absurde et nuisible. 

« Le problème avec le racisme, ce n’est pas l’utilisation du mot, mais les commentaires et les gestes racistes », affirme Gina McKay, présidente du SCFP-Manitoba.

Les membres du SCFP ont été outré(e)s de voir des député(e)s progressistes-conservateurs utiliser des stéréotypes racistes et méprisants pour ridiculiser le premier ministre provincial la semaine dernière. Le SCFP s’attendait à ce qu’on s’attaque directement à ces comportements plutôt qu’aux mots ayant servi à les dénoncer. 

« Dire à un groupe marginalisé qu’il n’a pas le droit de dénoncer le racisme, ça ne résout rien, poursuit la présidente. C’est réduire au silence les voix qu’il faut pouvoir entendre. »

L’interdiction d’utiliser le mot « misogynie », alors que le gouvernement américain fait campagne pour retirer aux femmes et aux personnes de diverses identités de genre leur droit aux soins de santé, combinée à l’oppression de ces mêmes groupes partout dans le monde, constitue un autre enjeu majeur qui empêchera la tenue de débats et de discussions honnêtes sur les moyens de soutenir l’équité et l’autonomisation des femmes au Manitoba et ailleurs.

« On doit dénoncer la misogynie si on veut veiller à ce que chaque Manitobain(e) ait les mêmes droits, ajoute-t-elle. On doit pouvoir parler ouvertement de ce qui arrive aux femmes et aux groupes d’équité au sud de la frontière si on veut éviter que ça se produise ici aussi. »

Il sera particulièrement important de pouvoir utiliser les termes « bigot », « transphobie » et « homophobie » à l’approche des élections des conseils municipaux et scolaires de cet automne, considérant le fait que de plus en plus de candidat(e)s adoptent des positions transphobes (livres bannis, restrictions visant les alliances gais-hétéros, attaques contre des enfants trans en classe, etc.). 

« Le SCFP sera là pour décrier les candidat(e)s transphobes qui se présentent aux élections de conseils scolaires. Il est important de dénoncer les personnes dont les valeurs et les comportements peuvent blesser les enfants, comme le chef de l’opposition qui représentait le mouvement transphobe des “droits parentaux” au Manitoba. Il faut nommer ces actes pour y mettre fin. »

Le SCFP continue de s’engager à dénoncer le racisme, la transphobie, l’intolérance, l’homophobie et la misogynie.

« Les jeunes se tournent vers l’Assemblée législative pour y trouver des modèles et observer comment les dirigeant(e)s abordent les enjeux qui touchent l’ensemble de la population manitobaine. Cette décision donne un très mauvais exemple, et on espère qu’elle sera renversée. Entre-temps, le SCFP n’hésitera pas à dénoncer haut et fort les comportements transphobes, racistes, homophobes, misogynes et intolérants des progressistes-conservateurs, comportements malheureusement loin d’être nouveaux », termine Gina McKay.