Frustré par la détérioration des conditions à l’hôpital, et atterré par l’annonce récente d’une suppression d’emplois, le personnel de la santé à Santé Bruyère a tenu un rassemblement à l’extérieur de l’Hôpital Saint-Vincent le lundi 23 mars dernier. Plus de 100 personnes s’y sont rassemblées, notamment des membres du personnel hospitalier appartenant à d’autres sections locales du SCFP dans la région.
Pour réduire son déficit budgétaire, l’hôpital compte supprimer 55 emplois : 46 préposé(e)s aux services de soutien à la personne et 9 infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés perdraient ainsi leur travail.
« On ne peut pas se permettre de perdre des effectifs », soutient Douglas Currier, président du SCFP 4540, qui représente plus de 800 travailleuses et travailleurs à Santé Bruyère. « On fera tout ce qui est possible non seulement pour éviter la suppression d’emplois, mais aussi pour améliorer les ratios de personnel ainsi que la qualité des soins. Notre communauté mérite mieux. Notre message au gouvernement Ford est clair : il est grand temps de mettre un frein aux compressions budgétaires et de financer les services hospitaliers. »
Selon le SCFP, l’énoncé économique d’automne prévoit une diminution du financement de l’ordre de 10 % en termes réels. En octobre, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario projetait l’abolition de 9 000 postes de personnel infirmier et de préposé(e)s aux soins personnels d’ici 2027-2028 en se basant sur le plan de dépenses du gouvernement. Le SCFP estime qu’environ 725 de ces emplois seront supprimés à Ottawa, y compris à Santé Bruyère.
Selon Douglas Currier, la perte de ces 46 préposé(e)s aux soins personnels mettra à risque l’hygiène et la sécurité des patient(e)s en plus d’augmenter la charge de travail du personnel infirmier, déjà en sous-effectif et affecté par des compressions budgétaires. Du bain à la toilette, les préposé(e)s fournissent des services de soutien personnel essentiels et participent aux soins médicaux.
« On n’a pas assez de préposé(e)s en poste pour respecter les délais impartis. C’est bien beau de faire des économies, mais qui va s’occuper des soins au quotidien? Qui veillera sur les personnes à risque de chute pendant un code blanc ou un code bleu, lorsque les infirmières et infirmiers sont occupés ailleurs? »
Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario affilié au SCFP, pointe du doigt le gouvernement provincial pour ces compressions budgétaires imposées aux hôpitaux, lesquelles pénalisent autant les personnes vulnérables que les travailleuses et travailleurs.
« Santé Bruyère a la réputation d’offrir des soins de calibre mondial à la communauté, précise-t-il. La patientèle va subir les contrecoups de l’épuisement professionnel et sera davantage exposée aux erreurs médicales, aux infections nosocomiales et à d’autres conséquences très graves. »