Le SCFP-Ontario dénonce le gouvernement conservateur de Doug Ford après avoir appris que le ministre des Affaires municipales et du Logement a envoyé, à plus de 200 maires influent(e)s, une lettre leur demandant de ne pas user de leurs pouvoirs législatifs pour réduire ou contester les prévisions budgétaires des services de police.
La lettre, d’abord citée dans le Sarnia Journal, laisse en effet entendre que les maires ne peuvent user de leur autorité pour remettre en question les prévisions de dépenses présentées par les commissions des services de police.
« Le gouvernement va beaucoup trop loin », tonne Fred Hahn, président du SCFP-Ontario. « Si les services de police sont si essentiels que les maires ne peuvent remettre en question les prévisions budgétaires, comme le croit le premier ministre, alors le même principe doit s’appliquer aux services paramédicaux, aux soins de longue durée, à l’éducation à la petite enfance, aux centres d’hébergement, aux services sociaux, au soutien au logement et, bien sûr, à nos travailleuses et travailleurs municipaux qui exploitent et entretiennent nos infrastructures essentielles d’approvisionnement en eau, nos routes et nos services de collecte des ordures. On ne peut soustraire un service aux critiques tout en forçant tous les autres à se battre pour des miettes. »
Selon Fred Hahn, les employé(e)s municipaux constatent chaque année – malgré des statistiques qui affichent une baisse de la criminalité dans toute la province – que les services de police accaparent une part de plus en plus grande des budgets municipaux, au détriment des investissements dans le logement, les transports, les services communautaires et les services d’urgence.
« Si les maires influent(e)s n’ont pas le droit de remettre en question les dépenses prévues par la police, est-ce qu’ils et elles doivent également fermer les yeux sur les déficits des centres communautaires ou le manque de maisons d’hébergement? Les communautés savent que ces services sont tout aussi importants. On ne parle pas de sécurité publique ici, mais plutôt d’une volonté de centraliser le pouvoir politique, une tendance inquiétante observée chez nos voisins du Sud. »
Aux dires de Krista Laing, présidente du Comité des travailleurs municipaux de l’Ontario, cette directive porte atteinte à la démocratie locale et aggrave l’instabilité des finances municipales.
« Les ordres comme ceux-là font régner une atmosphère digne de Hunger Games à l’échelle locale. Les conseils municipaux en sont réduits à devoir choisir entre différents services essentiels, car la province refuse de leur fournir un financement stable et adéquat. On ne devrait pas protéger un poste budgétaire au détriment des autres. »
Le SCFP-Ontario est d’avis qu’il faut investir dans tous les services municipaux pour assurer la sécurité publique.
« Les collectivités ont autant besoin de services médicaux d’urgence, de soins de longue durée, de services à la petite enfance, de centres d’hébergement, de programmes communautaires, de programmes récréatifs et de services sociaux que de services policiers, fait valoir Krista Laing. Si la province se soucie vraiment de la sécurité, elle doit financer adéquatement tous les services essentiels, sans en privilégier certains au détriment des autres. »
Le SCFP-Ontario demande au gouvernement Ford de retirer sa directive et de respecter l’autorité des maires élu(e)s démocratiquement.