L’accord entre le fédéral et l’Ontario manque d’ambition et d’urgence pour respecter la promesse de services éducatifs à la petite enfance à 10 $ par jour

L’annonce de la prolongation de quatre ans de l’accord sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants entre le fédéral et l’Ontario apporte un certain soulagement aux familles et au secteur de la petite enfance de la province, mais après des décennies de cibles ratées, il manque d’ambition pour parvenir à bâtir le système de services abordables, accessibles et de qualité promis aux familles.

À la grandeur de la province, les familles n’ont toujours pas accès à des services éducatifs à la petite enfance à 10 $ par jour, des dizaines de milliers de places promises n’ont toujours pas été créées, et la crise de la main-d’œuvre ne s’essouffle pas et continue de compromettre l’accès à ces services dans toute la province. L’annonce d’aujourd’hui apportera une certaine stabilité au programme, mais manque d’urgence et d’ambition pour régler les problèmes qui freinent son expansion. L’accord ne prévoit rien pour améliorer ou même maintenir les taux de rémunération actuels dans le secteur, une mesure pourtant cruciale pour recruter suffisamment d’éducatrices et d’éducateurs et offrir des services à toutes les familles qui en ont besoin. De plus, il ne contient rien pour la mise en place de régimes de retraite, un avantage qui aiderait fortement à retenir le personnel du secteur.   

L’accord prévoit un nouveau financement fédéral de 12 milliards de dollars pour l’Ontario jusqu’en 2031. Ce financement permettra de maintenir les frais exigés aux parents admissibles à une moyenne de 19 $ par jour, jusqu’à concurrence de 22 $, jusqu’en juin 2027 — soit environ le double de la cible initiale de 10 $ par jour. Il repousse également à mars 2027 l’échéance pour la création de 86 000 nouvelles places dans la province, un autre objectif n’ayant pas été atteint.

Le SCFP se réjouit toutefois que l’accord maintienne le seuil de nouvelles places créées au sein des secteurs public et sans but lucratif à 70 %. Il s’agit d’une importante protection contre le gouvernement Ford qui souhaite ouvrir grand les portes à l’expansion des services à but lucratif. La province doit se concentrer sur le déploiement d’un système public et sans but lucratif qui soutient les enfants, les familles et la main-d’œuvre. 

L’éducation à la petite enfance : un service public, pas une source de profit!

L’annonce d’aujourd’hui laisse le système au point mort.  Pourtant, l’Ontario a besoin d’un plan pour l’améliorer et faire des services éducatifs à la petite enfance un système public qui offre de bonnes conditions de travail. 

Le SCFP demande aux gouvernements fédéral et ontarien de renforcer cet accord en augmentant son financement et en adoptant une véritable stratégie pour hausser les salaires, améliorer les régimes de retraite et les avantages sociaux, et offrir les conditions de travail décentes que nous savons essentielles à la réussite à long terme du système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants en Ontario.

Contenu connexe