Aujourd’hui, le gouvernement de l’Ontario a fait un pas de géant : il a reconnu que le virus de la COVID-19 est en suspension dans l’air en annonçant qu’il investit dans un « détecteur de COVID-19 atmosphérique », estime le SCFP.

CEM Specialties Inc. (CEMSI) touchera deux millions de dollars par l’entremise du Fonds Ontario Ensemble pour aider à commercialiser et à accélérer la production d’un détecteur de COVID-19 atmosphérique. L’appareil, lorsqu’il détecte la présence du virus, émet une alerte, selon le communiqué de presse du gouvernement. Ledit communiqué affirme aussi que ce dispositif « surveille en permanence la présence du virus SARS-CoV-2 dans l’air ».

« Ne reste plus au gouvernement ontarien qu’à appliquer cette reconnaissance de la transmission aérienne à ses propres politiques, en particulier dans les environnements à haut risque comme les établissements de soins de longue durée et les hôpitaux », souligne le président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), Michael Hurley. « L’ironie cruelle, c’est que ce gouvernement nie, à son personnel de santé et au grand public, que la COVID-19 se transmet par voie aérienne, en dehors de certaines procédures provoquant une aérosolisation, tout en investissant dans une technologie pour détecter sa transmission… par voie aérienne. Il est temps que le provincial revoie ses directives en matière de transmission. »

En novembre, le gouvernement fédéral a modifié son avis sur la COVID-19 pour reconnaître la transmission par voie aérienne. L’Ontario a refusé de faire de même.

En Ontario, 17 250 travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19; vingt en sont décédés. « Nous, comme bien d’autres, croyons que la faute en retombe en grande partie sur le provincial qui refuse de fournir l’équipement de sécurité nécessaire pour protéger le personnel contre un virus en suspension dans l’air, soutient M. Hurley. Le nombre de morts est honteux. Il est temps que le provincial reconnaisse, comme l’a fait le fédéral, que ce virus est en suspension dans l’air, et qu’il prenne les mesures nécessaires pour nous défendre contre lui. »

La transmission du virus par voie aérienne est confirmée par une masse croissante de données. Trois cents médecins et épidémiologistes ont écrit aux gouvernements provinciaux et fédéral pour leur demander de déclarer la transmission aérienne.

« Le décès de 3 600 résidents en soins de longue durée est en partie attribuable au refus obstiné du gouvernement ontarien d’isoler les malades de la COVID-19 », explique Candace Rennick, secrétaire-trésorier du SCFP-Ontario. « Dans les milieux de vie collectifs dont la ventilation est médiocre et le personnel usé à la corde, un virus en suspension dans l’air se propage rapidement. On le constate tous les jours dans les établissements ontariens. Il faut que ça change. »