Les écoles de l’Ontario ont besoin de beaucoup plus d’argent pour la dotation en personnel et les fournitures afin d’accueillir les élèves en septembre en toute sécurité, ainsi que pour les protéger contre les effets d’une deuxième vague de COVID-19. C’est ce qu’affirme le syndicat qui représente 55 000 travailleurs de l’éducation dans la province.

Pourtant, selon le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le plan de réouverture des écoles du gouvernement Ford sous-finance considérablement les mesures nécessaires à la sécurité des élèves et du personnel. Il exhorte le gouvernement à tenir compte des recommandations des travailleurs de l’éducation, qui réclament un minimum de 600 millions de dollars pour financer la réouverture sécuritaire des écoles ontariennes.

« Les membres du SCFP savent comment les écoles fonctionnent. Nous savons que les rendre sûres entraîne des coûts », soutient Laura Walton, présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) du SCFP. « Mais ce que révèle l’annonce d’hier, c’est que le gouvernement veut rouvrir nos écoles au rabais. »

Mme Walton explique la différence entre l’approche du syndicat et celle du gouvernement concernant le rôle des concierges.

Le syndicat calcule que les écoles ontariennes ont besoin de 4 800 concierges de plus, soit en moyenne un de plus par école, pour effectuer les nouvelles tâches quotidiennes de nettoyage destinées à empêcher la propagation de la COVID-19.

Le gouvernement, quant à lui, prévoit d’embaucher 900 concierges (moins de 20 pour cent de la recommandation du SCFP) pour assurer en moyenne 7,5 heures supplémentaires de nettoyage par école et par semaine.

« Seulement sept heures et demie par semaine, en pleine pandémie, pour mettre en œuvre tous les nouveaux protocoles de nettoyage ? À mon avis, aucun parent ne trouvera cela réaliste », avance Laura Walton en soulignant que les nouvelles tâches comprennent le nettoyage des toilettes quatre fois par jour ou plus, le nettoyage des équipements de jeux, la désinfection des jouets, la désinfection des principaux points de contact plusieurs fois par jour et le remplissage des distributeurs de savon dès qu’ils sont vides. 

Elle souligne que les écoles auront également besoin d’embaucher des aides-enseignants, des secrétaires scolaires, des éducateurs de la petite enfance (EPE), du personnel de bureau et des paraprofessionnels pour prendre en charge la plupart des mesures qui garantiront la sécurité et l’hygiène des écoles à compter de septembre.

« Le personnel de bureau sera responsable du dépistage de la COVID-19 et des tests, ainsi que de la liaison avec la santé publique et les parents en cas d’infection. Les secrétaires scolaires devront restreindre l’accès aux établissements. Les aides-enseignants devront aider davantage d’élèves à rattraper le retard accumulé après des mois d’absence en classe. Les EPE devront veiller à ce que les enfants de la maternelle à temps plein restent physiquement distants et pratiquent une bonne hygiène des mains. Les élèves dont la santé mentale a été affectée par la fermeture des écoles et le stress de vivre à travers une pandémie auront besoin d’un soutien supplémentaire de la part des travailleurs sociaux et des psychologues. Et tout le monde devra veiller à ce que les élèves portent un couvre-visage et l’utilise correctement. »

Laura Walton conclut par un message aux parents : « Il n’est pas trop tard pour exiger le financement du nécessaire pour protéger la santé des élèves. Les membres du SCFP appelleront leurs députés pour exiger que le gouvernement débloque des fonds suffisants pour assurer la sécurité des élèves et du personnel à la réouverture des écoles. Nous prions les parents de faire de même. »