Les hausses salariales accordées à certains employés de la santé et des services sociaux de l’Ontario est une reconnaissance tardive par le gouvernement provincial de l’immense contribution et des sacrifices de ces personnes, majoritairement des femmes, dans la lutte contre la COVID-19, selon le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

« Cette reconnaissance est une admission tacite de la part du gouvernement qui a finalement compris les conséquences de ses choix, des choix qui ont mené à une pénurie de personnel dans les services sur lesquels la province compte maintenant pour vaincre cette pandémie », a déclaré le président du SCFP-Ontario, Fred Hahn.

Les dizaines de milliers de membres du SCFP dans les secteurs des soins, comme les soins de santé et les services sociaux communautaires, sont en majorité des femmes. « L’important travail qu’elles font est sous-estimé depuis de nombreuses années, tout comme les populations vulnérables auxquelles elles viennent en aide : les pensionnaires fragiles des foyers de soins de longue durée, les personnes malades vivant à domicile et les sans-abris. Le problème que cette augmentation de salaire vise à corriger ne disparaitra pas quelques semaines après sa mise en œuvre », a ajouté Fred Hahn, qui met l’accent sur la nécessité de changements à long terme pour rendre les emplois dans le secteur de la santé et des services sociaux plus stables, à temps plein et mieux payés.

L’augmentation de salaire est bien accueillie, mais elle ne bénéficiera pas à de nombreux employés de première ligne, comme les ambulanciers et les travailleuses des services à l’enfance qui appuient les familles des travailleurs d’urgence.

« Le gouvernement provincial a finalement pris conscience que le fait d’avoir des préposés aux services de soutien à la personne mal rémunérés dans les soins de longue durée, au point où ils doivent travailler dans plusieurs établissements afin de toucher un salaire décent, est une stratégie qui a mené à la catastrophe », a déclaré la secrétaire-trésorière du SCFP-Ontario, Candace Rennick.

« Cette augmentation de salaire doit devenir permanente et être accompagnée d’une stratégie complète des changements systémiques pour mettre fin à la crise dans les soins de longue durée. Ces changements doivent comprendre de meilleurs effectifs pour améliorer la qualité des soins, une augmentation des emplois à temps plein et des lieux de travail plus sécuritaires », a-t-elle ajouté.

Le président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP, Michael Hurley, a pour sa part affirmé: « Ces personnes travaillent dans des professions qui sont physiquement et émotionnellement épuisantes, dangereuses et profondément sous-évaluées. Pour la plupart de ces personnes, c’est le premier signe d’une véritable reconnaissance financière envers leur travail dans toute leur carrière. Ce geste de la part du gouvernement est apprécié, mais il ne devrait pas s’agir d’une mesure temporaire ».

Pour Michael Hurley, cette augmentation n’est pas une prime de risque. « Près de 2000 travailleurs de la santé de l’Ontario sont atteints de la COVID-19. Ils travaillent sans équipement de protection individuelle approprié, en vertu d’un protocole de sécurité qui minimise la nécessité de ces précautions. Une vraie reconnaissance envers ces employés nécessite aussi toutes les mesures possibles pour protéger leur sécurité physique. Nous implorons le gouvernement d’améliorer ses normes de sécurité de protection contre la COVID-19 pour ces employés », a-t-il conclu.