Les négociations contractuelles entre l’Association des hôpitaux de l’Ontario (AHO) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ont été brusquement interrompues aujourd’hui à la suite du refus des hôpitaux de traiter la question de la violence au travail.

Même si la violence au travail a diminué dans d’autres secteurs, les incidents dans les établissements de santé sont à la hausse en Ontario. Près de la moitié des membres du personnel hospitalier qui fournissent des soins directs déclarent être agressés par les patients ou les membres de la famille des patients chaque année. Il est largement reconnu que les incidents de violence au travail sont sous-déclarés par crainte de représailles de l’employeur, qui entrave la déclaration des incidents de violence par le personnel médical.

Les membres du personnel hospitalier de l’Ontario, 27 000 au total, sont présentement dans une ronde de négociation provinciale. Ces membres incluent le personnel infirmier, le personnel de nettoyage, le personnel des services alimentaires, le personnel administratif et les gens de métier de 120 sites hospitaliers des communautés de l’Ontario représentés par le SCFP. Une priorité clé dans cette ronde est l’amélioration des mesures de santé et sécurité, par exemple en fournissant des alarmes personnelles à tous les employés, en améliorant les systèmes internes de signalement des patients violents et en augmentant le nombre des employés dans les services d’urgence et les unités psychiatriques où les employés sont vulnérables aux agressions. Une autre priorité touche la protection contre les représailles pour s’exprimer dans des cas de santé et de sécurité.

Le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO) du SCFP (SCFP/CSHO) et l’AHO sont en négociation depuis juin en vue du renouvellement de la convention collective.

« Les membres du personnel hospitalier de l’Ontario, y compris ceux que nous représentons, sont les plus productifs au Canada. Même si nos attentes financières sont modestes, nous nous attendons à ce que les hôpitaux abordent la question de la violence dans nos lieux de travail. Malheureusement, malgré l’évidence d’une épidémie d’attaques violentes contre le personnel médical, les hôpitaux de l’Ontario ont montré peu d’intérêt à négocier des mesures constructives pour réduire et prévenir la violence au travail.

« Ce que nous proposons dans la négociation collective permettrait de protéger le personnel et les patients. Cependant les hôpitaux ont refusé de s’engager dans un dialogue véritable sur cette question très importante », a dit Michael Hurley, président du CSHO.

Augmenter le personnel dans les zones où la violence est répandue (comme la psychiatrie et les services d’urgence), fournir des alarmes, du counselling et d’autres formes de soutien aux employés victimes de violence, créer un système de déclaration adéquat entre le ministère public, la police, les services correctionnels, d’autres établissements de santé et hôpitaux pour identifier les patients potentiellement violents font partie des propositions formulées par le CSHO/SCFP qui, malheureusement jusqu’ici, ont été complètement rejetées par les hôpitaux. »

En mai dernier, le SCFP et les infirmières d’UNIFOR ont lancé un appel à la première ministre Kathleen Wynne et aux députés de l’Ontario pour affronter le problème très répandu et systémique de la violence contre le personnel médical, composé en grande majorité de femmes.

« De nombreux membres du personnel hospitaliers ont été battus si sauvagement qu’ils ne pourront jamais plus travailler. Nous sommes extrêmement déçus que les hôpitaux refusent de s’attaquer à ce problème énorme dans la négociation collective », a dit Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO