Grand-mère visitée par sa famille en soins actifs

Le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO) et la division ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Ontario) ont qualifié le projet de loi déposé aujourd’hui par le gouvernement conservateur de « grave menace aux soins aux patients ». Le CSHO et le SCFP-Ontario représentent 80 000 employés d’hôpitaux, d’établissements de soins de longue durée, des soins à domicile et des soins communautaires. Ils entendent entamer des moyens de pression progressifs à l’échelle provinciale, afin de pousser le gouvernement à revoir ses « plans radicaux de réductions, de fermetures, de réorganisation et de privatisation du système de santé ontarien ».

En plus de mobiliser ses membres, le SCFP collaborera avec la Coalition ontarienne de la santé, les groupes communautaires et les autres syndicats pour repousser le plan de restructuration de l’État. Le syndicat conclut, sur la foi de documents gouvernementaux ayant fait l’objet de fuites et le projet de loi, que les modifications envisagées par les conservateurs visent à faciliter la privatisation des services cliniques et de soutien, la concentration des services des petites municipalités dans les grands centres urbains, les méga hôpitaux et l’ajout d’une bureaucratie inutile au système de santé.

Ce que nous savons pour l’instant, c’est que le gouvernement conservateur veut apporter des changements sans précédent au fonctionnement du système de santé public et à la prestation des soins aux patients :

  • il veut accorder au ministre de la Santé des pouvoirs extraordinaires pour privatiser les services hospitaliers, ou en fermer, en transférant des services vers un autre établissement;
  • il envisage une « super agence » de style soviétique dotée de pouvoirs extraordinaires pour assumer le contrôle des services de santé comme les hôpitaux, les foyers de soins de longue durée et les autres services de santé à travers la province;
  • il propose un plan visant à éliminer la coordination des soins à domicile effectuée actuellement, au nom des patients, par les réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS).

Le plan du gouvernement prévoit aussi la création de méga organisations de soins de santé qui engloutiront les petits hôpitaux et les services sociaux et communautaires en région rurale. Tout cela sans consultation publique ou presque, alors que la loi déposée aujourd’hui confère des pouvoirs considérables pour permettre « cette attaque conservatrice contre le système de santé public », estime le président du SCFP-Ontario, Fred Hahn.

Les employés du système de santé sont de fervents défenseurs des soins publics qu’ils fournissent. « Ils ont persévéré, personnellement, à travers des décennies de réduction des effectifs, de sous-financement, de surmenage et de diminution des soins aux patients et de la dotation en personnel », ajoute Michael Hurley, président du CSHO. « On ne résoudra pas le problème de la médecine de couloir en réduisant la capacité des hôpitaux et en privatisant les services. Le personnel hospitalier se mobilisera pour protéger l’accès du public aux soins sans but lucratif. Et nous croyons que les Ontariens se joindront à nous. »  

La mobilisation du personnel de la santé a commencé plus tôt ce mois-ci avec une téléconférence d’urgence à l’intention des membres du SCFP. Cette réunion visait à amener les travailleurs de la santé à assister aux assemblées publiques, aux rassemblements et aux autres activités qui s’organisent, explique M. Hurley. Le SCFP sonde aussi la population ontarienne sur son appui aux changements dans le système de santé que veulent précipiter les conservateurs.

« Il n’y a pas de temps à perdre, souligne M. Hahn. Il faut stopper ce dangereux redémarrage de notre système de santé public par le gouvernement Ford avant que les soins et la sécurité des patients ne pâtissent des lacunes, des trous et des écueils que cette refonte massive engendrera. » M. Hahn compare l’ampleur du bouleversement potentiel à la dernière fois qu’un gouvernement conservateur a fermé des hôpitaux et réorganisé le système de santé, à la fin des années 90.

« Ce fut un échec, rappelle-t-il. Un échec qui a coûté 3,2 milliards de dollars de plus que ce qu’il a permis d’économiser. Mike Harris a finalement dû augmenter considérablement le budget de la santé et la capacité des hôpitaux; il était allé trop loin dans ses compressions. Après 15 ans de véritables coupes dans nos services de santé et de tentatives infructueuses de privatisation, on ne peut plus se permettre de couper et de privatiser. »