Le SCFP est grandement préoccupé par la décision de l’Université Memorial de Terre-Neuve (MUN) de régler ses problèmes budgétaires par la fermeture de campus et d’installations ainsi que par la suppression d’emplois. Le manque de transparence sur les répercussions de cette décision soulève aussi des interrogations.
Même si, dans son annonce, l’Université Memorial affirme qu’aucune mise à pied ne découlera directement de cette décision, le SCFP a appris que des postes seraient supprimés.
« L’Université doit être transparente avec les travailleuses et travailleurs, ainsi qu’avec les étudiant(e)s et la population de la province, à propos des conséquences qu’auront ces changements sur la communauté universitaire », a affirmé Bill Kavanagh, président du SCFP 1615.
« En déclarant publiquement qu’il n’y aura aucune mise à pied, mais en confirmant discrètement que des postes seront éliminés, l’Université désamorce en amont les critiques à l’égard de sa décision. Mais le fait est qu’elle va causer la perte d’emplois occupés par des membres du SCFP 1615, sans oublier la perte des précieux services fournis par leur intermédiaire. »
Le SCFP 1615 représente le personnel administratif, enseignant et de soutien technique des campus de St. John’s, Signal Hill, Grenfell et Labrador. Les emplois de presque 40 membres de cette section locale ont été touchés quand le Writing Centre, le Harris Centre et l’Office of Public Engagement ont brusquement été fermés en juillet 2025 à la suite de l’annonce d’un déficit budgétaire de 20 M$ par l’Université Memorial.
« L’Université dit que sa décision vise la cession d’actifs immobiliers, mais c’est à l’évidence une réduction de services », dénonce Sherry Hillier, présidente du SCFP–Terre-Neuve-et-Labrador. « On a pu noter, dans l’intervalle, que la fermeture de campus, la réduction de services et la suppression d’emplois n’ont pas amélioré la situation financière de l’Université Memorial. »
Depuis 15 ans, des démarches similaires ont réduit l’effectif du SCFP 1615, le faisant passer de près de 1 500 membres à moins de 700. Le financement public de l’Université Memorial a aussi été réduit de moitié depuis 2013.
« Ces compressions budgétaires exécutées par l’Université Memorial découlent manifestement de la baisse du financement que lui accorde le gouvernement provincial », a ajouté Bill Kavanagh.
Plutôt que de supprimer des emplois, de réduire les services et de pénaliser les étudiant(e)s, il existe une solution claire aux problèmes financiers de l’Université Memorial : rétablir le financement public versé à la seule université publique de la province.
« La réponse est évidente : notre université publique a besoin de financement public. Instaurer un gel des droits de scolarité sans rétablir le financement est irresponsable, voire un signe que la province a totalement laissé tomber sa population », conclut Sherry Hillier.
Le SCFP demande l’intervention du gouvernement provincial et la hausse du financement de l’Université Memorial afin de garantir qu’elle demeure un carrefour pour une éducation postsecondaire accessible et de classe mondiale.