Le SCFP 5430 se dit très inquiet de la décision du gouvernement de la Saskatchewan d’opter pour un partenariat public-privé pour les projets de foyers de soins de longue durée à Estevan et à Watson, ce modèle étant connu pour souvent s’accompagner de retards, dépassements de coûts et moindre qualité des soins.
« Le gouvernement n’apprend pas de ses erreurs », se désole Bashir Jalloh, président du SCFP 5430. « Les précédents essais de privatisation des soins de longue durée en Saskatchewan et dans le reste du Canada ont prouvé que les entreprises privées à but lucratif n’offrent pas de meilleures conditions ni aux personnes soignées, ni à leur famille ou aux travailleuses et travailleurs. Dans la région de Regina, la Régie de la santé de la Saskatchewan est justement en train de reprendre la direction des foyers privés de soins de longue durée par suite de l’échec des projets pilotes. »
Le SCFP 5430 lance un avertissement quant à la décision récente de confier la construction, l’entretien et l’exploitation des foyers à des entreprises privées : le gouvernement risque bien de répéter ses erreurs, et d’ajouter retards et complexité au dossier.
« Les soins de longue durée ne sont pas une occasion d’affaires, mais un service public. Ça fait des années que les gens d’Estevan lèvent des fonds pour leur nouveau foyer de soins de longue durée. Imaginez comme c’est insultant d’apprendre que le gouvernement provincial risque de retarder encore plus le projet en l’envoyant dans la cour du secteur privé », dénonce Arlene Picard, qui occupe la vice-présidence générale de la Région 4.
Le SCFP 5430 demande au gouvernement provincial de revenir sur sa décision et de s’engager à fournir, à Watson et à Estevan, des foyers de soins de longue durée construits, détenus et exploités par le public.
« On soutient à 100 % la décision de remplacer les installations désuètes pour accueillir plus de résidents et résidentes, continue Bashir Jalloh, mais la meilleure façon d’y parvenir sans sacrifier la responsabilité, la stabilité et la qualité des soins, c’est de faire appel au public pour les fonds comme pour la prestation des services. À défaut, les résidentes et résidents tout comme le personnel de ces foyers risquent fort d’être lésés. »