Le gouvernement de l’Ontario a annoncé aujourd’hui un financement qui continuera à réduire considérablement le personnel des universités et à augmenter les droits de scolarité et l’endettement des étudiant(e)s.

« Le ministre est bon pour chercher des boucs émissaires, mais pas pour trouver le financement réclamé. Les universités ontariennes sont les moins bien financées de tout le Canada, mais il pointe du doigt les autres ordres de gouvernement pour ses propres compressions budgétaires et refile une facture de plus en plus salée aux étudiant(e)s, qui ont déjà des dettes records au moment d’obtenir leur diplôme », déplore Fred Hahn, président du SCFP-Ontario.

L’annonce faite aujourd’hui ne permettra pas de rattraper des années de sous-financement, et ce malgré les recommandations du groupe d’expert(e)s trié sur le volet par le gouvernement. Elle n’améliorera pas la situation de l’éducation postsecondaire, qui accuse déjà un déficit de 1,5 milliard de dollars par rapport à 2018, une fois l’inflation et la population étudiante prises en compte.

Il est également préoccupant de voir le gouvernement continuer de concentrer le financement sur des formations professionnelles spécifiques plutôt que de privilégier des domaines qui favorisent la pensée critique et la recherche fondamentale.

« C’est facile de dire qu’il faut financer les formations en ingénierie et en technologie. Mais ça consiste à ignorer la réalité : c’est la recherche fondamentale pure, les arts et plusieurs autres domaines qui permettent la plupart des progrès sociaux et économiques. L’argent doit bénéficier aux universités et aux collèges publics, pas aux gens qui gèrent des établissements privés douteux », avertit Colleen Ferrera, présidente du Comité des travailleuses et travailleurs universitaires affilié au SCFP-Ontario.

Le financement universitaire par étudiant(e) en Ontario demeure le plus bas au Canada, et de loin.

Le RAFEO accorde davantage de prêts que de bourses, et cela finit par coûter cher aux étudiant(e)s.

Le sous-financement a causé des coupes et des mises à pied massives cette année, dont l’abolition de 50 % des cours enseignés par des chargé(e)s de cours dans certaines universités, ainsi que l’annonce inattendue d’une réduction de 30 % du personnel administratif dans une université plus tôt cette semaine.