Plus tôt cette semaine, le ministre des Collèges et des Universités de l’Ontario a fait une annonce qui équivaut à une autre abdication de responsabilité de la part du gouvernement Ford. C’est ce qu’estime le chef des travailleurs universitaires du SCFP-Ontario.

« Encore une fois, le gouvernement Ford annonce en grande pompe la reprise d’un service public vital, en donnant peu ou pas de détails, sans consultation, ou si peu, des principaux intervenants, sans soutien financier, sans même préciser les mesures de santé publique qu’il faudra mettre en place », déplore David Simao. Celui-ci est président du Comité de coordination des travailleurs universitaires de l’Ontario (CCTUO), qui parle au nom de plus de 30 000 membres du SCFP œuvrant dans le secteur universitaire ontarien.

David Simao répond ainsi à l’annonce faite mercredi par le ministre des Collèges et Universités Ross Romano que les universités ontariennes pourront reprendre des activités limitées à partir du mois prochain.

« Le provincial réglemente les universités à plusieurs niveaux, notamment par le biais de règlements en matière de santé et de sécurité. Annoncer que les universités peuvent commencer à rouvrir sans consultation sérieuse avec les principaux intervenants, aucun soutien, financier ou autre, et aucun détail sur les mesures de santé et de sécurité, revient à renoncer, purement et simplement, à la responsabilité de l’État. En fait, le ministre Romano a dit aux universités de la province de démêler tout cela par elles-mêmes. »

En l’absence de toute directive claire de l’État, M. Simao appelle les universités qui souhaitent rouvrir à amorcer des consultations significatives avec les syndicats représentant leurs travailleurs et leurs comités mixtes de santé et de sécurité au travail (CMSST). Ceci dans le but de placer la sécurité des étudiants et des employés au cœur des efforts de réouverture.

Fred Hahn, président du SCFP-Ontario, exhorte le ministre Romano et le gouvernement Ford à prendre au sérieux leur responsabilité envers le secteur.

« Pendant trop longtemps, dit-il, l’éducation postsecondaire en Ontario a été traitée comme toute autre entreprise du secteur privé, plutôt qu’un secteur public réglementé. Cette tendance s’est accélérée sous le gouvernement Ford. C’était problématique avant la COVID-19, ça l’est doublement maintenant. Les universités peuvent et doivent jouer un rôle majeur dans le redressement de l’Ontario après la pandémie, mais cela ne sera possible que si les gouvernements prennent au sérieux leurs responsabilités envers ce secteur. »