Les compressions provinciales dans le budget des universités saskatchewanaises pourraient entraîner d’importantes pertes d’emplois et une hausse inabordable des droits de scolarité, prévient le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Le gouvernement de la Saskatchewan a annoncé qu’il réduisait de 5,8 pour cent les crédits accordés aux établissements postsecondaires. Pour l’Université de Regina et l’Université de la Saskatchewan, cela représente un manque à gagner de 25 millions de dollars. En outre, le gouvernement demande à l’Université de la Saskatchewan de prélever 20 millions de dollars sur son budget de base pour financer le Collège de médecine. Les compressions touchent aussi les collèges et les écoles techniques. Ces coupes s’ajoutent aux réductions totalisant 6,7 millions de dollars annoncées en novembre 2016.

« Investir dans l’éducation postsecondaire, c’est investir dans l’avenir de la Saskatchewan, rappelle Suzanne Posyniak, conseillère au SCFP. Les données prouvent, de façon irréfutable, que l’investissement dans les établissements postsecondaires est crucial au bien-être économique et social du Canada. Cette réduction draconienne des crédits gouvernementaux va nuire à nos établissements de renommée mondiale. Au final, les étudiants vont devoir payer pour la mauvaise gestion financière du Parti saskatchewanais. »

Le gouvernement compte éliminer le crédit d’impôt personnel pour les droits de scolarité et les frais relatifs aux études postsecondaires. Il réduit l’aide aux étudiants de 6,7 millions de dollars cette année (9 pour cent), dont 1,9 million de dollars dans le budget des bourses. De plus, le gouvernement suspend le programme Saskatchewan Advantage Grant for Education Savings (SAGE), où il apparie 10 pour cent des cotisations à un régime enregistré d’épargne-études, à compter du 1er janvier.

L’Université de Regina a annoncé qu’elle devra augmenter les frais de scolarité et envisager des réductions de services et des mises à pied. L’Université de la Saskatchewan a déclaré qu’elle procéderait à des licenciements et à des mesures affectant les étudiants en dernier recours seulement.

Les frais de scolarité pour l’obtention d’un diplôme de premier cycle sont plus élevés en Saskatchewan que dans le reste du pays, à l’exception de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse.

« C’est injuste !, s’exclame le président du SCFP-Saskatchewan, Tom Graham. On demande aux étudiants de financer de leur poche les réductions d’impôts qu’accorde le Parti saskatchewanais aux sociétés. On leur demande de payer pour les décisions irresponsables de ce gouvernement. Le SCFP appuie fortement le principe de l’accessibilité des études postsecondaires. Nous tenterons de faire annuler ces compressions mal avisées. »

Le SCFP représente du personnel universitaire à l’Université de Regina et à l’Université de la Saskatchewan, dont les chargés de cours, les chercheurs et les assistants d’enseignement. Il y représente aussi des employés de soutien affectés à l’entretien des terrains et des édifices, aux bibliothèques, au service alimentaire, à l’informatique, au travail de bureau et à l’administration.