L’approche du Parti saskatchewanais face à la pandémie de COVID-19 laisse les travailleurs de première ligne en plan.

Le SCFP-Saskatchewan craint que les dernières modifications à la réglementation de la Loi sur l’emploi, annoncées à la hâte, ne fassent que nuire aux travailleurs pendant cet état d’urgence et s’ajouter aux difficultés financières de ceux-ci.

« À cause de la décision de supprimer le préavis de mise à pied de deux semaines, les familles vivront plus de stress et d’incertitude, pendant une période déjà difficile », prévient Judy Henley, présidente du SCFP-Saskatchewan. « Des milliers de travailleurs ont déjà été licenciés, et notre gouvernement veut permettre aux entreprises de multiplier les avis de licenciement. C’est absolument inacceptable. »

Cette semaine, le gouvernement fédéral a reçu 500 000 demandes d’assurance-emploi et a reconnu qu’il faudra se montrer patient pour obtenir de l’aide financière.

Le Parti saskatchewanais a bien mis en place un programme de soutien à l’auto-isolement de 450 $ par semaine pour un maximum de deux semaines, mais le SCFP-Saskatchewan le juge insuffisant.

« Ce programme paraît bien, mais l’admissibilité est trop restrictive et ne prend pas en compte les personnes ayant des problèmes de santé chroniques ou celles qui doivent s’isoler pendant plus de deux semaines. »

Le SCFP est également préoccupé par le manque d’équipement de protection individuelle adéquat pour les travailleurs de première ligne. « Nos membres en première ligne de cette pandémie sont en danger sans l’équipement de protection individuelle approprié. Au minimum, on devrait leur fournir des blouses, des gants, des masques et des masques faciaux lorsqu’il y a risque d’exposition à la COVID-19. »

Le SCFP-Saskatchewan demande au gouvernement provincial de régler d’urgence les problèmes suivants afin d’aider adéquatement les travailleurs :

  • Supprimer les conditions d’admissibilité restrictives du programme provincial de soutien à l’auto-isolement nouvellement annoncé et augmenter la période de prestations. Les travailleurs ne devraient pas avoir à utiliser leurs congés annuels ou attendre de voir si leur assurance privée les couvre pendant cette urgence. Cela ne fait que compliquer leurs démarches, alors qu’ils ont besoin d’une aide concrète de la part de leur gouvernement.
  • Pendant une urgence publique, le gouvernement provincial devrait assumer les frais de l’exemption complète de la période d’indemnité en l’absence de préavis de 12 semaines ou moins sur une période de 16 semaines pour éviter que les travailleurs ne soient lésés par les modifications aux règlements de la Loi sur l’emploi lorsqu’il libère les entreprises de leurs obligations envers leurs travailleurs.
  • Maintenir le revenu des travailleurs du secteur public touchés par la fermeture temporaire des écoles, des universités, des bibliothèques, des services de garde et des centres de la petite enfance, des installations récréatives et des autres services financés par l’État.
  • Tous les travailleurs de première ligne doivent avoir accès à un équipement de protection individuelle approprié, y compris des respirateurs N95.
  • Les travailleurs qui doivent s’isoler en raison d’une maladie, d’un voyage ou d’une immunodéficience devraient profiter de congés payés sans avoir à épuiser leurs congés de maladie ou leurs vacances.
  • Avec la fermeture des écoles, le gouvernement doit fournir une aide financière substantielle aux parents qui n’ont pas les moyens de payer pour d’autres services de garde ou qui doivent s’absenter du travail pour s’occuper d’un enfant.
  • Le gouvernement provincial doit collaborer avec les administrations municipales et le gouvernement fédéral pour que tous les services publics de la Couronne et municipaux, les banques, les coopératives de crédit, les propriétaires, les sociétés de cartes de crédit et les institutions financières prolongent et assouplissent leurs exigences en matière de paiement des prêts hypothécaires, des loyers et des factures, de service de la dette et des autres responsabilités financières des consommateurs et des ménages.
  • Imposer un moratoire sur les expulsions résidentielles pendant l’état d’urgence.

« La pandémie de COVID-19 met en évidence le degré de déconnexion du présent gouvernement par rapport à la réalité des travailleurs, croit Judy Henley. Il est impératif que nous fassions tout notre possible pour limiter l’impact de la COVID-19 sur l’économie. Et, pour cela, il faut laisser de l’argent dans les poches des travailleurs. »