Des parents et des groupes de défense crient haut et fort depuis des années leur mécontentement face aux dommages causés par le sous-financement et le manque de reconnaissance des services de soutien scolaire de l’éducation publique. Pour bon nombre d’enfants et de familles, il est presque impossible d’obtenir les ressources nécessaires pour favoriser l’apprentissage dans le système scolaire public de l’Alberta.
En effet, la province exige que toutes les divisions scolaires en négociation respectent le plafond salarial imposé par le Provincial Bargaining and Compensation Office (PBCO), un organisme relevant du gouvernement provincial, dont une personne désignée assiste à la plupart des négociations en y exerçant un contrôle. Malgré des preuves évidentes du contraire, les ministres conservateurs affirment ne pas prendre part aux négociations entre les divisions scolaires et le SCFP, si bien que le président du SCFP-Alberta, Rory Gill, a adressé une lettre ouverte au gouvernement albertain dénonçant les actions et les déclarations qui minent l’intégrité du processus de négociation collective et exigeant que le gouvernement soit honnête quant à son rôle – en admettant qu’il travaille à l’encontre des intérêts des membres du SCFP, ou en les laissant négocier de bonne foi.
« Le gouvernement du PCU accorde des fonds publics aux écoles privées à un rythme alarmant, et la négligence intentionnelle dont il fait preuve envers notre système scolaire public aura, à long terme, de graves conséquences sur les élèves, les familles et, inévitablement, les communautés », a déclaré Rory Gill.
Le 17 septembre 2024, le SCFP 2559 et le SCFP 2545, les deux sections locales du secteur de l’éducation à Fort McMurray, étaient sur le point de déclencher une grève lorsque la province est intervenue en nommant une commission d’enquête sur les différends, les obligeant ainsi à entrer dans un nouveau cycle de médiation. Le 24 octobre 2024, la province a usé de la même tactique pour freiner le SCFP 3550, la plus grande section locale du SCFP du secteur de l’éducation à Edmonton. Ce jour-là, les membres du SCFP ont organisé une manifestation politique devant l’Assemblée législative à laquelle ont participé des milliers d’allié(e)s du mouvement syndical, de parents et de membres du public sympathiques à leur cause, démontrant généreusement leur solidarité. Voyant ce qui l’attendait, le SCFP 4625 du comté de Sturgeon, en périphérie d’Edmonton, a décidé de reporter le dépôt de son avis de grève, le temps que les procédures de la commission d’enquête avec les autres sections locales prennent fin.
« On vit un moment historique », a affirmé Lynn Fleet, présidente du SCFP 2545 à Fort McMurray. « Ça fait des années que je fais partie de cette section locale et jamais je n’aurais imaginé me retrouver dehors, jour après jour par -30 degrés, à faire monter la pression, à me battre bec et ongles pour obtenir ne serait-ce qu’un peu de justice pour nos membres, mais aussi pour les élèves et les familles qui comptent sur nous au quotidien. La situation nous a ouvert les yeux sur le genre de député(e)s qu’on a élus dans notre communauté, et qui ont tourné si facilement le dos aux travailleuses et travailleurs. »
Les négociations individuelles entre les sections locales et les divisions scolaires se sont ainsi transformées en prise de position unanime du secteur de l’éducation du SCFP en Alberta contre l’imposition d’un plafond salarial par le gouvernement provincial et l’érosion de l’éducation publique. L’élan de solidarité à l’endroit du personnel de soutien scolaire dans toute la province et partout au pays est incroyable. Des sections locales du SCFP de toute taille, des allié(e)s du mouvement syndical, des parents, des militant(e)s pour les droits des personnes en situation de handicap, des organismes locaux et des petites entreprises s’unissent pour prouver qu’au-delà de la négociation, cette lutte concerne l’intégrité et la valorisation de notre système d’éducation public et des gens qui le portent à bout de bras. Il s’agit de l’une des plus grandes batailles du SCFP dans l’histoire récente de l’Alberta.



