La grève du personnel enseignant de l’Université York, actuellement dans sa dixième semaine, se poursuivra. Le gouvernement a échoué dans sa tentative législative pour forcer le retour au travail des membres de la section locale 3903 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP 3903).

« Nous sommes certainement déçus, mais nous ne sommes pas surpris que le gouvernement provincial soit disposé à participer aux efforts de notre employeur pour dépouiller nos membres de leur droit constitutionnel de négocier collectivement », a déclaré le président du SCFP 3903, Devin Lefebvre.

« L’université a eu le choix il y a dix semaines, poursuit-il; elle aurait pu faire ce qu’il fallait pour négocier une convention collective acceptable pour tout le monde. Elle a fait un autre choix. Le gouvernement avait aussi le choix. Il aurait pu faire ce qu’il fallait en recommandant à cet établissement, qui profite de subventions substantielles de l’État, de respecter son obligation de négocier de bonne foi. Au lieu de cela, il a choisi de sacrifier les droits de nos membres à l’autel de l’opportunisme politique. »

À la suite de la publication du rapport du commissaire William Kaplan qui exhortait les parties à accepter l’arbitrage, le gouvernement a tenté, aujourd’hui, de déposer une loi de retour au travail. Il n’a pas obtenu le consentement unanime des deux partis de l’opposition.

« Dans le présent conflit, l’employeur n’a jamais fait un effort digne de ce nom pour parvenir à un règlement négocié, souligne M. Lefebvre. En demandant l’arbitrage sans même tenter de négocier, l’université a abdiqué honteusement sa responsabilité de négocier collectivement avec ses employés. »

« Nous ne pouvons pas et ne voulons pas récompenser le comportement de l’Université York en suspendant le droit à la libre négociation collective de nos membres », conclut-il.

Les unités 1, 2 et 3 du SCFP 3903 représentent les assistants d’enseignement, les chargés de cours et les assistants de 2e et 3e cycle. Ensemble, ces syndiqués dispensent plus de 50 pour cent de l’enseignement à l’Université York. Ils ont entamé une grève le 5 mars pour repousser les concessions réclamées par l’employeur et décrocher un contrat qui diminue la précarité d’emploi, un problème maintenant endémique dans le secteur postsecondaire.