Il faut plus qu’un cessez-le-feu pour assurer la paix

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Berenice CeleitaOpen image in modalLe gouvernement colombien et les guérilleros des FARC ont presque conclu une entente pour mettre fin à la guerre interne qui fait rage depuis plus de cinq décennies en Colombie. Les deux côtés sont en pourparlers à La Havane depuis 2012.

Mais tout accord de paix sera incomplet si les mouvements sociaux et les victimes du conflit armé ne sont pas à la table de négociations, croit Berenice Celeita de l’organisation colombienne des droits de la personne NOMADESC.

Elle a précisé que cette guerre de 50 ans a fait plus de 350 000 morts en Colombie – dont plus de 3000 syndicalistes – et a entraîné le déplacement plus de 6 millions de personnes. C’est en Colombie que l’on trouve le nombre le plus élevé de syndicalistes tués dans le monde et le deuxième plus grand nombre de personnes déplacées, après la Syrie.

« Des millions de pauvres agriculteurs ont été chassés par de grands producteurs agricoles.   Des mineurs artisanaux et des communautés autochtones ont perdu leurs terres pour que des multinationales puissent en exploiter les ressources naturelles », a déploré Berenice Celeita. Plus de 70 pour cent des terres du pays ont été données en concessions à des entreprises multinationales qui exploitent les ressources et l’environnement.

Une paix durable exige la prise en compte des inégalités sociales et économiques enchâssées dans les accords de libre-échange.

Enfin, Berenice Celeita souhaite que le processus de paix rende justice aux familles des victimes de violence en assurant la poursuite des responsables devant les tribunaux. Le peuple colombien veut la paix, mais il veut aussi la justice.

Cheryl Stadnichuk a interviewé Berenice Celeita au congrès national du SCFP