Eric Ravelojaona : Un syndicalisme qui rassemble

Dans le cadre de l’engagement du SCFP d’apprendre des expériences des personnes autochtones, noires et racisées, et de célébrer leurs réussites, nous vous présentons des membres du Comité national pour la justice raciale et du Conseil national des Autochtones. L’article de ce mois-ci présente Eric Ravelojaona, membre du Comité national pour la justice raciale.

 

Passionné par la défense des droits des travailleuses et travailleurs, Eric Ravelojoana est arrivé au Canada il y a 23 ans. Originaire de Madagascar, il a tout d’abord travaillé dans le domaine de la restauration et de l’hôtellerie sous permis de travail fermé où il a connu des conditions de travail ingrates et exigeantes. À l’époque, comme plusieurs personnes immigrantes, il ne connaissait pas ses droits et n’était pas syndiqué, une réalité dans laquelle il sentait qu’il devait tout accepter de la part de son employeur et qu’aucune remise en question n’était permise.

En 2011, Eric a obtenu la citoyenneté canadienne et étudié au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick. Il travaille maintenant en tant que magasinier pour cet établissement. En 2023, il devient le président du SCFP 5026 et siège sur le Comité exécutif du SCFP-Nouveau-Brunswick. De plus, il est membre du Comité national pour la justice raciale depuis octobre 2024.

Militer pour des meilleures conditions de travail

La grève de 2021 des travailleuses et travailleurs du SCFP 5026 a été marquante dans le parcours militant d’Eric. Alors secrétaire-archiviste de sa section locale, il a été témoin de la solidarité qui s’est développée entre ses collègues dans leurs revendications de meilleures conditions de travail et de salaires plus justes. La grève a créé une unité particulière dans le groupe et a soudé ensemble les gens qui piquetaient de jour comme de soir. Celle-ci a d’ailleurs entraîné des gains importants sur plusieurs enjeux chers à la section locale et créé beaucoup de fierté chez les membres de s’être tenu(e)s debout. 

Maintenant président de sa section locale, Eric fait partie du comité de négociation et compte bien faire valoir les droits de ses membres, spécialement les travailleuses et travailleurs saisonniers et/ou temporaires.

L’éducation et la transmission au cœur de l’engagement

Pour Eric, c’est une fierté d’être membre du SCFP et de contribuer à améliorer les conditions de travail de ses collègues et camarades.

Les différents rôles qu’il occupe au sein de l’organisation lui offrent des atouts précieux pour répondre aux besoins des membres et relayer leurs préoccupations. Pour lui, il est essentiel que chaque membre puisse comprendre sa convention collective et les statuts et règlements du syndicat. Il accorde aussi une grande importance à la transmission des savoirs : les nouvelles générations de travailleuses et travailleurs doivent pouvoir s’appuyer sur les expériences acquises au fil des années tout en y apportant leur propre contribution.

« Depuis plus de 60 ans, des générations de membres font vivre notre syndicat. Ce travail ne peut pas être laissé derrière : il doit continuer à grandir, à s’adapter et à évoluer avec le temps », souligne-t-il.

C’est pourquoi Eric nourrit une passion tant par son militantisme que pour l’éducation : « Ce qui me motive comme militant et syndicaliste au SCFP, c’est toutes les ressources en éducation qui viennent m’aider et aussi aider mes collègues. »

Selon lui, il est essentiel d’outiller les personnes et de leur permettre de développer leurs connaissances. Il illustre cette idée à partir d’une activité qu’il a fait avec son fils : un atelier de cuisine. Eric explique qu’entre les obligations professionnelles et familiales, les parents ne disposent pas toujours du temps nécessaire pour des moments de qualité avec leurs enfants. Mais grâce à cet atelier de cuisine avec son fils, il a réalisé tout ce qu’il pouvait lui transmettre dans un contexte simple, mais privilégié. 

Il compare cette expérience avec le fonctionnement d’une section locale : en consacrant du temps de qualité aux membres, les personnes élues et les militant(e)s peuvent partager leurs expériences et leurs savoirs tout en favorisant l’intégration des membres au sein du syndicat. Pour lui, il essentiel de « respecter le dosage des ingrédients », soit de trouver un équilibre entre patience et enthousiasme afin de transformer la curiosité en véritable passion. 

Le militantisme pour les personnes immigrantes, c’est essentiel

Les personnes immigrantes, les travailleuses et travailleurs étrangers et/ou temporaires préoccupent particulièrement Eric. Il est convaincu qu’il faille absolument que les gouvernements investissent dans l’amélioration de leurs conditions de travail. En effet, lorsque ces personnes se sentent accueillies et en sécurité, c’est l’ensemble de la société qui en bénéficie.

Eric est d’ailleurstoujours impressionné par le SCFP et sastructure : « Dans certains pays, cela peut être mal vu d’appartenir à un syndicat, voir mal organisé. Ici, c’est très structuré et il faut profiter de la chance que nous avons de pouvoir militer. »

Il souhaite encourager les personnes racisées à aller à la rencontre des personnes militantes de leur syndicat et à s’informer sur leurs droits. Pour lui, l’engagement et le militantisme des personnes racisées, nouvellement immigrantes ou à statut temporaire est une véritable richesse pour l’ensemble du mouvement syndical. 

À titre d’exemple, Eric évoque une récente tournée provinciale au cours de laquelle un membre racisé, de confession musulmane et en situation de handicap, a été convoqué par les ressources humaines sans connaître ses droits en tant que travailleur ni son droit à être accompagné par une personne représentante syndicale. Pour Eric, cette situation illustre l’importance d’éduquer les membres et de jouer pleinement son rôle en tant qu’élu afin de les soutenir pour les aider et les accompagner efficacement.

Eric conclut en lançant une invitation : « Ne restez pas seul(e)s. Approchez votre personne représentante syndicale. Posez des questions. Nous sommes là pour vous aider. »