Les membres du SCFP 2380 préviennent le conseil municipal que son plan de restructuration des services d’aqueduc et d’eaux usées de Penetanguishene fera augmenter les coûts pour les résident(e)s et aboutira à une perte de contrôle local sur ses services essentiels.
En décembre, le conseil a annoncé qu’il envisageait de fusionner ses services d’aqueduc et d’eaux usées, ou sinon d’impartir le tout à un tiers. Selon le SCFP 2380, les deux options auront la même triste conséquence : des emplois sous-traités et un service moindre.
Les réseaux d’aqueduc et des eaux usées sont distincts, et chacun demande une certification hautement spécialisée. Tenter de fusionner ces deux services sans avoir d’abord investi sur plusieurs années dans la formation et le recrutement de personnes doublement certifié(e)s, c’est vouer le projet à l’échec, ce qui ne laisse que la sous-traitance comme option.
Selon la présidente du SCFP 2380 Megan Varga, le conseil allègue une crise de la main-d’œuvre pour justifier une solution décidée d’avance en fait.
« Le conseil municipal dit être contraint par des problèmes de main-d’œuvre, mais il n’a livré aucune analyse ou donnée pour étayer ce supposé constat. Il fabrique un problème de toutes pièces, puis fait pencher la balance du côté qui lui convient en vue de sous-traiter les emplois. Se montrer transparent et responsable face à la population, c’est la moindre des choses quand il est question d’un service aussi essentiel que l’eau. Le plan du conseil faillit à ce niveau-là. »
Le syndicat donne l’exemple d’autres municipalités dans la région qui ont vu leurs coûts augmenter significativement après avoir sous-traité à l’Agence ontarienne des eaux (AOE). Tout près, à Tay Township, le tarif d’eau était déjà plus élevé qu’à Penetanguishene avant que l’AOE entre en jeu, mais depuis, il a augmenté de deux à trois fois ce que paient actuellement les résident(e)s de Penetanguishene.
Étant à but lucratif, l’AOE a moins avantage à investir dans l’entretien et l’infrastructure à long terme. Même si l’agence ne fixe pas directement le tarif d’eau , les municipalités sont souvent forcées de l’augmenter pour couvrir les coûts de l’agence et assurer la réparation et la modernisation des réseaux.
« C’est un scénario typique, fait remarquer Megan Varga. L’électricité a été privatisée, les factures ont grimpé. Le service de police a été transféré à la Police provinciale de l’Ontario, puis les coûts ont largement excédé ce qui avait été promis à la population. L’eau est trop précieuse pour être sous-traitée. »
Elle souligne aussi l’importance de la responsabilité locale. Les personnes qui s’occupent de l’eau à l’échelle municipale habitent la communauté qu’elles servent. C’est le message qu’elle livrera au conseil à l’assemblée de mercredi.
« Ces travailleuses et travailleurs boivent l’eau. Leur famille nage dedans. Ça compte. Au lieu d’embaucher des personnes qui n’ont aucune attache avec la communauté, le conseil devrait investir dans des travailleuses et travailleurs locaux hautement qualifiés. »
Le conseil a annoncé ses plans le jour où les négociations devaient commencer avec le SCFP 2380. Les membres invitent les résident(e)s à faire entendre leur voix et à exhorter le Conseil à protéger les bons emplois syndiqués tout en veillant à ce que les services d’aqueduc et d’eaux usées demeurent sûrs, abordables et sous responsabilité locale.