Message d'avertissement

Attention : cette page est tirée de nos archives. Il se pourrait que notre site Internet contienne des informations plus récentes sur ce sujet. Pour le savoir, utilisez notre moteur de recherche.

Après un autre décès tragique dans une résidence ontarienne de soins de longue durée (SLD), les infirmières de première ligne et les préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) ont réitéré leur appel à la ministre ontarienne de la Santé : augmentez les niveaux de soins et de dotation en personnel dans les résidences, en adoptant des lois, des formations et des protocoles, pour améliorer la réponse aux résidents violents et faire respecter les ordonnances de se conformer émises contre les exploitants de SLD.

« Nous offrons nos sincères condoléances à la famille de Joycelyn Dickson, la résidente attaquée et tuée par un autre résident, a déclaré Candace Rennick, secrétaire-trésorière du volet ontarien du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Ontario) et ancienne travailleuse en SLD. Nous demandons à la ministre de la Santé l’assurance qu’elle agira immédiatement afin de rendre les résidences pour personnes âgées plus sécuritaires, en imposant des normes de soins qui empêcheront d’autres tragédies similaires. »

Actuellement, en Ontario, les maisons de SLD n’ont aucune norme minimale de soins à respecter.

La résidence Wexford où a été tuée Mlle Dickson est un cas typique d’exploitant SLD fournissant le strict minimum en matière de personnel de nuit. Selon les membres du SCFP qui travaillent dans ce domaine, on compte souvent, la nuit, un seul PSSP par étage de 24 à 30 patients et une seule infirmière autorisée par trois étages.

« C’est une situation politique indéfendable, soutient Mme Rennick. L’Ontario ne fournit pas un niveau de soins sécuritaire, adéquat ou même digne. Le gouvernement provincial doit accroître le financement consacré aux SLD s’il veut empêcher d’autres décès. En outre, le gouvernement libéral s’est engagé en 2003 à faire adopter une norme de soins minimaux. »

Selon Statistique Canada, l’Ontario dépense 155,30 $ par résident SLD par jour. C’est beaucoup moins que le Québec (254,30 $), la Saskatchewan (216,70 $) et l’Alberta (201,80 $). L’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick sont les seules provinces à dépenser moins. Suite aux compressions dans la santé imposées dans le budget 2012, les dépenses de l’Ontario en SLD ont pris encore plus de recul sur les autres provinces.

Mme Rennick demande aussi à la ministre de la Santé de faire respecter les ordres de se conformer émis contre les résidences Wexford. Selon les données disponibles sur le site Internet du ministère de la Santé, ces ordres concernent le non-traitement des plaintes des familles, des transferts de résidents non sécuritaires (ce qui est habituellement signe d’une sous-dotation en personnel), la gestion de l’incontinence et l’absence de plans de soins individuels pour chaque résident.

Bien qu’on ne sache pas encore si le résident qui a attaqué Mlle Dickson avait déjà eu des comportements violents avec les autres résidents, les membres SLD du SCFP signalent une hausse des cas de violence entre résidents SLD à travers la province.

« Selon ce que nous savons, ajoute Mme Rennick, le personnel de première ligne avait signalé à la direction ses inquiétudes quant au comportement violent du résident impliqué dans cet incident. »