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La prochaine fois que vous entendrez quelqu’un se plaindre des hausses de salaire, des avantages sociaux et des retraites des employés du secteur public, pensez à les comparer à la rémunération des grands chefs d’entreprise du Canada.

Selon les derniers chiffres sur la rémunération des dirigeants canadiens qu’a publiés le Globe and Mail, certains n’ont pas à se plaindre, malgré la récente récession. Les dirigeants les mieux payés au pays ont touché entre 11,1 et 16,5 millions de dollars. Les trois ayant touché plus de 16 millions de dollars travaillent pour Niko Resources dans un cas et Magna International dans les deux autres. Le top dix compte aussi des dirigeants de trois banques canadiennes (Scotia, RBC et TD).

Les prestations de retraite « ont grimpé en flèche en 2010, alors que les taux d’intérêt chutaient », révèle le Globe and Mail. En tête du peloton des retraités, Jim Shaw de Shaw Communications a reçu plus de 71 millions de dollars en revenus de retraite. La médiane du top 10 des retraités qu’a compilé le Globe s’établit à plus de 21 millions de dollars.

Côté bonis, Magna International remporte la palme, puisqu’en 2010 Donald Walker a reçu un bonus de 9,8 millions de dollars, alors que celui de Siegfried Wolf s’est élevé à 9,5 millions. Selon le même journal, les chefs d’entreprise canadiens ont cumulé des bonis moyens de 1,6 million de dollars, une hausse de 21 pour cent par rapport à 2009.

Et Frank Stronach, président de Magna, était exclu de la liste, lui qui a touché une rémunération totale colossale l’an dernier, soit 61,8 millions de dollars. Ce résultat est éclipsé uniquement par sa rémunération de 2007 : 70,6 millions. Sa fille, Belinda Stronach, a touché plus de 20 millions de dollars dans l’année à titre de membre du conseil d’administration.

Pourtant, Frank Stronach demande au gouvernement d’adopter la ligne dure envers le petit peuple et de couper dans les programmes et services.

« Un peu de souffrance pourrait être inévitable, a déclaré Stronach à l’émission SqueezePlay de BNN. Il faut réduire les dépenses gouvernementales […] Je n’ai rien contre les bureaucrates. Mais le gouvernement, comme les compagnies, se doit d’être efficient. »

Ainsi, la prochaine fois qu’un chef d’entreprise prêchera pour l’austérité fiscale, rappelez-vous que les hauts dirigeants pratiquent un double langage et que ce qu’ils appliquent aux autres ne les concerne pas personnellement.