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Les dirigeants nationaux du SCFP ont exhorté le ministre des Affaires étrangères, David Emerson, à assurer la protection de collectivités autochtones Nasa, visées par des menaces de mort qui semblent avoir un lien avec des propriétaires terriens de la région du Nord du Cauca, en Colombie.

« Nous vous exhortons à donner ordre à l’ambassade canadienne à Bogotá de mener une enquête sur ces menaces contre les leaders Nasa dans le Cauca-Nord et de leur offrir toute la protection et l’assistance nécessaires », ont écrit le président national Paul Moist et le secrétaire-trésorier national Claude Généreux à M. Emerson, dans une lettre datée du 14 août.

Cette lettre a également attiré l’attention sur l’accord de libre-échange entre les gouvernements de Stephen Harper et d’Alvaro Uribe. « Cette menace récente met encore une fois en évidence les violations incessantes des droits de la personne en Colombie et donne un aperçu des conséquences possibles de l’accord de libre-échange, si la Colombie ne met pas fin aux campagnes de terreur et aux crimes systématiquement perpétrés contre les syndicalistes, les communautés autochtones et afro-colombiennes et contre les personnes déplacées. »

Selon les renseignements obtenus par les chefs syndicaux, ces menaces pourraient être le début d’une campagne de terreur et de mort dirigée contre le peuple Nasa, connu dans le monde entier comme une nation pacifique et deux fois récipiendaire du Prix national de la paix en Colombie.

Le SCFP a été informé que cette intimidation est reliée à l’aveu récent d’un membre des paramilitaires impliqué dans le massacre, en 1991, de 20 personnes âgées, femmes et enfants Nasa. Certains indices suggèrent que cette menace de mort est le fait de propriétaires terriens et de paramilitaires qui, de connivence avec le gouvernement, tentent de camoufler leur implication dans ce massacre. 

« Nous croyons que c’est parce qu’elles défendent leur droit à vivre sans persécution sur la terre de leurs ancêtres que ces personnes sont les cibles de menaces et de répression », peut-on lire dans la lettre.

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Le SCFP craint également pour la sécurité d’Alfredo Molano-Bravo, journaliste et sociologue respecté, harcelé pour avoir écrit un article sur de puissantes familles de propriétaires fonciers de la région de Valledupar, en Colombie.

« Alfredo Molano-Bravo doit être félicité pour son courage et son usage judicieux de la liberté d’expression, à un moment de l’histoire de Colombie où le discours et l’esprit critique sont plus que jamais nécessaires », écrit Fred Muzin, président du syndicat des employés d’hôpitaux du SCFP, dans une lettre adressée le 12 août au président de Colombie, Alvaro Uribe. Fred Muzin est aussi agent de liaison du Comité justice mondiale pour le Conseil exécutif national du SCFP.