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La syndicaliste colombienne Maria Fernanda Bolanos rentre chez elle, après un mois au Canada dont elle rapportera des souvenirs, des idées et de la motivation pour lutter sans relâche en faveur des droits des travailleurs, après la signature de l’entente de libre-échange entre le Canada et la Colombie.

« Ce voyage m’a revigorée, a-t-elle déclaré en faisant un retour sur sa tournée, parfois éprouvante, dans quatre provinces. Et je suis heureuse de voir que les syndicats canadiens s’intéressent à mon pays et sont prêts à l’aider. » Elle a aussi apprécié le « sentiment de fierté, d’unité et de coopération » qu’elle a observé dans les différentes instances du SCFP.

« Nous devons aussi constamment renforcer nos liens de solidarité si nous voulons contrer la privatisation, a-t-elle ajouté. La solidarité internationale est vraiment efficace pour faire connaître notre lutte au reste du monde. »

Comme elle l’a mentionné aux divers groupes rencontrés pendant sa tournée, les syndicats et les travailleurs du Canada ont leurs problèmes, mais ils possèdent certaines libertés qui sont inexistantes en Colombie. Elle a appelé les syndicats à utiliser ces libertés pour combattre la privatisation et le libre-échange.

Les programmes de mentorat pour les jeunes travailleurs sont passés au sommet de ses priorités depuis sa rencontre avec de jeunes militants du SCFP et d’autres syndicats. La travailleuse municipale de 34 ans, qui est présidente du comité des jeunes de son syndicat, a récemment représenté sa région lors d’une conférence de jeunes de l’Internationale des services publics, dans les Caraïbes.

Mais en plus de former les jeunes, il faut intervenir auprès des femmes dont les vies seront affectées par le libre-échange. Des multinationales, qui usent à répétition d’une violence horrible, ont déjà déplacé des millions de femmes et d’enfants. Les escadrons paramilitaires leur volent leurs terres, assassinent même leurs maris et vendent leurs propriétés à des grandes entreprises.

« Cela ne fera que s’aggraver avec le libre-échange, a prévenu Bolanos, et les emplois décents vont peu à peu laisser place à du travail à bon marché. » Elle a signalé qu’en Colombie, une travailleuse pourrait se permettre d’embaucher quatre domestiques seulement avec le salaire minimum du Canada.

Elle a constaté un consensus remarquable parmi tous ceux qu’elle a rencontrés, à une exception près : lors de son compte rendu final dans un restaurant de Toronto, elle a appris que le serveur était aussi colombien. Après un bref échange, il lui est apparu évident que ce serveur était un partisan du président actuel de Colombie, Alvaro Uribe, qui est un défenseur convaincu du libre-échange et un farouche opposant au syndicalisme.

« Cela démontre l’importance de continuer à mettre au jour les autres aspects de la vie en Colombie, a soutenu Bolanos. Des aspects que ce Colombien qui vit à Toronto n’a jamais vus, a oubliés ou n’est pas intéressé à voir. C’est l’histoire des millions de personnes déplacées qui réussissent à peine à survivre. »

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Plus tôt dans la semaine, Bolanos s’est rendue à Courtenay, sur l’île de Vancouver, où elle a participé à une réception publique et à une discussion sur la privatisation, avec des membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des postes. Elle a également rencontré un représentant d’Amnistie internationale.

Au cours d’une rencontre avec la députée fédérale du NPD Catherine Bell, elle a souligné que le Canada devait dénoncer l’entente de libre-échange et que le NPD devait continuer à s’y opposer.

Lors de réunions avec le Syndicat des fonctionnaires provinciaux de Colombie-Britannique et le syndicat des employés d’hôpitaux du SCFP, Bolanos a échangé des stratégies pour favoriser l’engagement direct des jeunes, en faisant ressortir la nécessité de rejoindre les travailleurs temporaires et contractuels. Elle a eu des discussions du même ordre avec des membres du Syndicat des Métallos, qui ont jugé que leur organisation pourrait profiter de ces stratégies.

La tournée de Bolanos s’est amorcée le 13 juillet et s’est terminée le 14 août.

RV, dossiers de Kirsten Daub, de CoDevelopment Canada.