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De l’Amérique centrale à l’Asie, en passant par l’Europe, l’appui populaire à la privatisation diminue, selon un récent rapport de la Banque mondiale.

Privatisation: Trends and Recent Developments (La privatisation : tendances et développements récents) énumère plusieurs ententes de privatisation en déroute dans le monde, dont les concessions pour les services d’eau potable et d’égouts en Argentine et en Bolivie et les projets de retour à la nationalisation, comme Rail Track au R.-U. et Air New Zealand (un projet de sauvetage par le gouvernement de 300 millions US).

Le rapport cite également des sondages d’opinion publique menés au cours des dernières années. Par exemple, un sondage montre que le soutien populaire à la privatisation en Amérique latine est passé de 75 pour cent en 1975 à 35 pour cent en 2002. À peine 28 pour cent des personnes interrogées pensent que la privatisation a été profitable à leur pays et 70 pour cent veulent que l’État prenne en charge la prestation des services d’eau et d’énergie.

En Afrique subsaharienne, un sondage mené en 2001 dans 15 pays où avaient lieu des « réformes » économiques a montré que moins de 35 pour cent des populations préféraient la privatisation à la propriété par l’État.

Dans 16 pays d’Europe de l’est et d’Europe centrale, 52 pour cent des personnes interrogées appuyaient la propriété privée par rapport à la propriété de l’État en 2001. Pourtant, en Russie, 70 pour cent de la population trouvait la situation pire après la privatisation et préférait la propriété par l’État.

Un sondage mené dans huit pays d’Asie de l’est a permis de constater que seulement 33 pour cent des personnes interrogées étaient en faveur de la privatisation. Au Sri Lanka, entre 60 et 80 pour cent des répondants croyaient que leurs conditions de vie s’étaient détériorées avec la privatisation

Le rapport de la Banque mondiale suggère plusieurs raisons pour ce déclin dans l’opinion publique, y compris des traditions culturelles et historiques privilégiant la propriété par l’État, des ententes de privatisation mal conçues et la « survente de la privatisation et la création d’attentes non réalistes; (et) des conditions économiques qui se détériorent généralement et de douloureuses réformes de libéralisation qui sont devenues indissociables de la privatisation ».

Compte tenu de l’opposition populaire de plus en plus véhémente aux projets de privatisation partout dans le monde, ces conclusions n’ont pas pu surprendre les représentants de la Banque mondiale. Toutefois, tout en reconnaissant que la privatisation n’impressionne plus personne, la Banque mondiale ne semble pas vouloir remettre en question l’appui enthousiaste qu’elle accorde à la privatisation dans les pays les plus pauvres du monde.

Au contraire, la Banque persiste et signe, même si, en 2005, dans le secteur de l’eau, l’organisme a reconnu « qu’il n’y a pas de différence statistique significative entre l’efficience du secteur public et celle des entreprises privées ».