Définition

L’expression «lésions attribuables au travail répétitif» (LATR) désigne un ensemble de problèmes médicaux qui touchent les tendons, la gaine des tendons, les muscles, les nerfs et les articulations. Ces problèmes entraînent des douleurs persistantes ou chroniques le plus souvent au cou, à l’épaule, à l’avant-bras, à la main, au poignet, au coude et aux membres inférieurs.

L’expression est en elle-même trompeuse. En effet, à l’inverse des autres maladies, les LATR sont difficiles à répertorier car leur origine varie et les lésions touchent différentes parties du corps. C’est pourquoi on les appelle des diverses manières: lésion ou traumatisme chronique, blessure due à des gestes répétitifs, traumatisme d’accumulation, problème musculo-squelettique d’origine professionnelle et névralgie cervico-brachiale. Toutes ces expressions font sous-entendre que la blessure provient de la répétition d’un geste, mais aussi peut résulter de l’exercice de la force, d’un mouvement rapide d’un surcroît d’activité, d’une charge statique, d’un effort trop intense, d’une position inconfortable ou du maintien du corps dans une posture non naturelle qui exerce une contrainte ou une constriction quelconque.

Les personnes touchées

Autrefois, ce type de lésions survenaient le plus souvent chez les adeptes d’un sport, d’où le nom épicondylite des «joueurs de tennis» ou des «golfeurs». En règle générale, elles ne se manifestaient pas chez les travailleurs, bien qu’on les ait signalées à l’occasion dans certains métiers (écrivain, fileur) sous le nom de «crampe professionnelle». Toutefois, les LATR deviennent de plus en plus fréquentes dans différents groupes d’emploi qui vont du commis à l’opérateur de marteau pneumatique, du préposé à l’entretien aux dactylographes.

Beaucoup de travailleurs ignorent l’existence des lésions attribuables au travail répétitif et font souvent peu de cas des douleurs qu’ils ressentent quotidiennement et ne font aucun rapport entre elles et leur travail. Ces douleurs peuvent être le signe avant-coureur d’une lésion grave. Si on n’en élimine pas rapidement la cause ou si la personne atteint ne change pas de travail immédiatement, il pourrait s’en suivre des dommages permanents et irréversibles. Il arrive même que la lésion soit invalidante et plonge le travailleur dans la douleur; voire le laisse immobilisé pour le restant de ses jours.

Bien que l’incidence des LATR soit à la hausse, il n’existe aucun règlementà leur sujet.

Les causes

On peut classer comme suit les causes des lésions attribuables au travail répétitif :

  • blessures dues à des gestes répétitifs rapides;
  • blessures dues à un mouvement qui entraîne l’épuisement des muscles;
  • blessures dues à une charge statique lorsque les membres restent un certain temps dans la même position, sans soutien.

Ces lésions peuvent aussi bien survenir à la suite d’une quasi-immobilité ou de mouvements excessifs, qu’on manipule une charge très légère ou des objets très lourds.

Les LATR ont souvent de multiples origines. Ainsi, un préposé à l’entretien qui se sert d’un tournevis peut ressentir une douleur s’il use constamment de sa force dans une position inconfortable. Une opératrice sur terminal à écran de visualisation peut rester assis dans une position inconfortable sans soutien pour le poignet et faire des mouvements rapides avec les doigts sur un clavier mal conçu. Les deux personnes courent le risque de subir un traumatisme grave à la suite des effets de leur travail sur le système musculo-squelettique.

Tout travail qui s’effectue dans une posture contraire à la nature peut entraîner une lésion attribuable au travail répétitif. Forcer un tournevis, déplacer constamment les doigts sans les reposer, mal s’asseoir, garder les poignets pliés, travailler les bras au-dessus de l’épaule, tenir un outil bien serré et les autres activités de ce genre épuisent les tendons, les ligaments et les muscles au point de causer une lésion.

Les LATR sont reliées au genre de tâches effectuées, aux outils utilisés et à la façon dont le poste de travail est conçu. Ainsi, la plupart des outils sont fabriqués pour « l’homme moyen ». La poignée de ces outils peut être trop large ou glissante. D’autre part, les gants peuvent être trop épais, ce qui fait que les doigts sont écartés ou trop raides. On doit donc tenir l’outil fermement en serrant la poignée alors que les muscles de la main sont étirés (la largeur des outils courants explique pourquoi les LATR sont plus fréquentes chez les femmes, dont les mains sont plus délicates). Enfin, le poste de travail peut être conçu de telle manière que la travailleuse ou le travailleur doit forcer le corps plié, étiré, tourné, etc.

D’autres facteurs susceptibles d’entraîner ce genre de blessures incluent le rythme de travail rapide, le manque de variété dans le travail, l’accélération de la cadence, le matériel mal entretenu, le stress, les heures supplémentaires, les vibrations et la formation inadéquate.

Les LATR sont communes dans les cas de surmenage. Notre corps n’est tout simplement pas conçu pour travailler plus rapidement, plus vigoureusement, inlassablement ou sans pause. Il se dérègle, tout comme les machines qui sont surmenées. Les mouvements rapides, répétitifs, sans pauses suffisantes peuvent causer les LATR.

Avec le surmenage, le corps est obligé de travailler trop sans avoir suffisamment de temps pour récupérer. Cet effet de spirale, ajouté au stress qui est un autre facteur contribuant aux LATR, peut causer des lésions qui ne peuvent jamais être guéries sans une pause de longue durée loin des causes à l’origine de la lésion.

Les symptômes

Les LATR peuvent aller d’un simple « malaise » à une « douleur insupportable ». Les symptômes généraux sont les suivants :

  • picotements et sensation de brûlure
  • douleur sourde
  • douleur au repos
  • paume sèche et luisante
  • mauvaise coordination des mains (incapacité de saisir un objet, moins grande dextérité du pouce et des doigts)
  • gonflement du poignet et de la main
  • fonte des muscles à la base du pouce
  • douleur parfois plus intense la nuit

La douleur peut partir d’un endroit précis, pour irradier à des organes voisins. Ainsi, une douleur au poignet peut gagner l’avant-bras et l’épaule. Les travailleurs qui reconnaissent un de ces symptômes devraient le signaler sur-le-champ.

Parties du corps touchées

Les os et les muscles constituent ce qu’on appelle le « système musculo-squelettique », soit le système qui sert de charpente au corps et lui donne sa force, lui permet de se déplacer et de protéger les organes internes. Les os qui sont reliés par des articulations agissent à la manière de leviers pour les muscles qui y sont fixés par des tendons. Les ligaments raccordent deux ou plusieurs os, cartilages ou autres structures. Toute activité apte à entraîner une usure du système musculo-squelettique peut donner lieu à une LATR. Les tendons font couramment l’objet de ces blessures. Il s’agit de tissus robustes contenant très peu de terminaisons nerveuses et mal irrigués. On les trouve souvent aux endroits où de nombreuses articulations doivent se déplacer dans un espace restreint (p. ex. la main ou le poignet). Les tendons rattachent le muscle à l’os qu’il déplace.

Certains mouvements répétitifs ou exténuants comme actionner un tournevis peuvent amener les tendons à frotter contre les os ou les ligaments adjacents. Une telle friction peut les abîmer et entraîner la constriction des muscles qu’ils font bouger. Les noms donnés aux LATR reflètent le fait que les tendons, les articulations ou les muscles blessés varient constamment avec le mouvement effectué.

Lésions attribuables au travail répétitifs:

  • tendinite
  • péritendinite
  • doit à ressort
  • ténosynovite
  • maladie de de Quervain
  • syndrome du canal carpien
  • épicondylite
  • bursite
  • contracteur de Dupuytren
  • kyste synovial
  • lésion de la coiffe des rotateurs
  • syndrome de la tension cervicale
  • épaule bloquée
  • syndrome du défilé thoraco-brachial
  • névrite digitale
  • englobement du nerf radial

Il ne s’agit là que d’une liste partielle d’une longue série de maladies qui touchent la main, le poignet, l’avant-bras, le coude, l’épaule et le cou.

Les traumatismes les plus fréquents

Ténosynovite

Des mouvements rapides et répétitifs comme ceux qu’implique un travail sur clavier de machine à écrire ou d’ordinateur et la rotation continuelle de l’avant-bras et des mains comme lorsqu’on utilise des pinces peuvent entraîner la maladie appelée ténosynovite. Si la tendinite désigne une inflammation des tendons, la ténosynovite correspond à l’inflammation de la gaine du tendon, habituellement au niveau de la main ou du poignet.

Les tendons du poignet et de la cheville sont enfermés dans une fine gaine synoviale (on peut sentir les tendons et la synovie se déplacer lorsqu’on pose le doigt dans le creux du poignet et qu’on ferme le poing). Cette gaine à double paroi sécrète le liquide synovial qui sert de lubrifiant aux tendons et les met à l’abri des lésions résultant du frottement, de la friction et de la pression. Le repos est essentiel au renouvellement du liquide.

Lorsque les mouvements sont continus, le lubrifiant qui protège la gaine du tendon s’épuise où l’organisme se met à fabriquer une synovie de qualité inférieure. Ceci accroît la friction qui, en retour, stimule la production de lubrifiant. Quand le corps ne produit plus assez de liquide synovial pour suffire à la demande, le tendon et la gaine frottent l’un contre l’autre et peuvent s’irriter. À la longue, les mouvements deviennent douloureux et font entendre un craquement appelé « crépitation ».

Au début, la travailleuse ou le travailleur peut éprouver un engourdissement, des picotements et de la douleur au bouger. Dans ce cas, il faut arrêter le travail. Une lésion de la gaine peut restreindre les mouvements de la main ou du bras et affaiblir à la fois les muscles et la prise. Les symptômes de la ténosynovite comprennent une douleur au poignet et à l’avant-bras pouvant irradier dans le coude ou l’épaule. Il y a parfois gonflement et un craquement sec. Si les symptômes sont identifiés assez tôt, le repos contribuera à améliorer la situation, comme c’est le cas pour la plupart des traumatismes, même s’il peut y avoir rechute. Poursuivre le travail après l’apparition des premiers symptômes peut causer une lésion irréversible aux tendons et à leur gaine. Le seul remède à la ténosynovite est le vieil adage : mieux vaut prévenir que guérir.

Maladie de de Quervain

Il s’agit d’une forme de ténosynovite plus communément appelée « pouce à ressort ». Cette maladie touche la gaine commune aux deux tendons du pouce, un peu au-dessus du poignet. Elle résulte de gestes répétitifs du poignet comme celui d’actionner une gâchette.

Tendinite

Des mouvements répétés et puissants exercent une contrainte sur les tendons, les irritent et en entraînent l’inflammation puis l’épaississement. À terme, un tendon plus épais peut se bloquer et empêcher les muscles et les os auxquels il est fixé de bouger. Il existe diverses formes de tendinite. La tendinite de la coiffe des rotateurs, par exemple, affecte les tendons qui déplacent les épaules et permettent aux bras de tourner vers l’intérieur et l’extérieur. La péritendinite désigne l’inflammation de la zone qui entoure le point de jonction des tendons et des muscles. Le doigt à ressort résulte d’un épaississement des tendons du doigt ce qui empêche celui-ci de se redresser après avoir été plié. Agripper un outil au manche trop large peut entraîner ce problème.

Syndrome du canal carpien

Bouger constamment des doigts, pincer et serrer du bout des doigts, forcer de la main quand le poignet est plié, utiliser l’index de façon excessive, tourner les poignets, serrer trop fort ou mal agripper un objet sont autant de causes à l’origine d’un traumatisme douloureux appelé syndrome du canal carpien. Le canal carpien est le tube étroit formé de trois côtés par les os du carpe et, du quatrième, par le ligament carpien, épais et rigide. Le canal se trouve du côté intérieur du poignet.

Les tendons à l’intérieur du canal suivent parallèlement le nerf médian, un nerf d’une fragilité extrême qui traverse l’épaule et l’avant-bras jusqu’à la main et envoie des impulsions nerveuses aux quelques doigts et à la paume. Quand la main fléchit, les tendons à l’intérieur du canal compriment le nerf médian (tout comme s’asseoir longtemps les jambes croisées comprime un nerf qui engourdit celles-ci).

La forme simple du syndrome survient lorsque du liquide ou l’épaississement des tissus compriment le nerf. La forme secondaire se manifeste quand la gaine enflammée du tendon (ténosynovite) accroît la pression. Les travailleuses et travailleurs qui effectuent des mouvements légers mais très fréquents du poignet et des doigts sont les plus susceptibles de connaître une telle lésion.

Les symptômes comprennent un engourdissement, des picotements et une sensation de brûlure, un poignet douloureux, la fonte des muscles à la base du poignet, une paume luisante, des mains malhabiles, le gonflement du poignet et de la main, l’incapacité d’agripper les objets et une perte de dextérité du pouce et des doigts. Au début, le poignet ou l’avant-bras peut faire mal. Ensuite, la douleur gagne en intensité et peut restreindre les mouvements du poignet ou des doits. Une sensation de grattement (crépitation) peut accompagner les mouvements. Au dernier stade, les doigts bougent de façon saccadée puis finissent par rester bloqués.

Contracture de Dupuytren

Il arrive que la répétition de petits mouvements de la paume (p. ex. usage d’un tampon) entraîne l’accumulation de tissu fibreux sur la gaine du tendon de la paume et du pouce. Il s’ensuite peu à peu un épaissement et un resserrement indolore du tissu palmaire sous l’épiderme, ce qui oblige la main à se refermer à la manière d’une serre. Il devient alors impossible de pointer le doigt et la main peut se figer de façon permanente. Le premier symptôme du problème, l’apparition d’un petit nodule sur la paume, est suivi par la croissance d’autres nodules sur les doigts.

Kyste synovial

Le kyste synovial est une lésion étroitement associée à une blessure du poignet et des mains consécutives à des efforts répétitifs. Des mouvements répétitifs et précis de la main peuvent donner lieu à la naissance d’un renflement rond et dur près d’un tendon, d’une gaine ou d’une articulation, habituellement sur le dos de la main ou le poignet.

Crampe de l’écrivain

Les mouvements répétitifs qu’entraîne d’écriture ou le fait d’écrire à la machine peuvent résulter en une crampe à la main ou à l’avant-bras. Les nerfs touchés entraînent un tremblement incontrôlable des doigts.

Épicondylite

Les lésions aux muscles et aux tissus situés près de l’articulation du coude s’appellent épicondylites. On les connaît parfois sous le nom « coude du joueur de tennis » (épicondylite latérale) ou « coude du golfeur » (épicondylite médiane).

Les muscles qui plient le poignet et les doigts vers l’avant et l’arrière sont fixés à l’os et aux ligaments juste au-dessus de l’articulation du coude, à leur extrémité supérieure.

Parmi les causes les plus courantes de l’épicondylite, il faut inclure : forcer l’avant-bras de façon répétitive (frapper avec un marteau, poser des briques); plier le poignet pour résister à une force en sens inverse (utiliser un tournevis ou transporter une charge les bras tendus); soulever des objets la main pliée vers le bas en les agrippant avec l’index.

Les tissus du coude ou voisins peuvent être sensibles et gonflés, et la douleur peut irradier du coude. Celle-ci peut être particulièrement aiguë quand on déplace la main. L’épicondylite latérale (coude du joueur de tennis) est une inflammation des tissus à l’extrémité de l’humérus, le plus gros os du bras, près du coude. Si elle déplace les doigts quand le coude est écarté du corps, la personne atteinte sent une douleur et une sensibilité. La douleur part de l’articulation du coude.

Bursite

Coude du mineur, coude du tisserand, hygrome prérotulien, épaule du porteur de faix, épaule du balayeur et main du mineur sont autant des noms pour désigner la bursite, c’est-à-dire une inflammation de la bourse, le sac fibreux rempli de liquide qu’on trouve souvent aux endroits qui subissent des frictions, par exemple près des articulations ou bien, là où un tendon passe par-dessus un os. Une pression trop forte et prolongée, qui vient sans cesse, ou des secousses au niveau des articulations peuvent être la cause de cette lésion, qui a pour symptôme une douleur aiguë et des difficultés de mouvement.

Blessures à l’épaule et au cou

Soulever constamment les bras peut entraîner d’autres complications. En effet, les mouvements répétitifs peuvent blesser deux tendons de l’épaule. Le premier passe par-dessus l’articulation de l’épaule et soulève le bras sur le côté. Le second passe devant l’articulation et facilite le déplacement du bras vers l’avant et le haut. Les tâches qui obligent les bras à écarter de la poitrine, vers l’avant ou le haut, peuvent surcharger les muscles. La tendinite humérale est un traumatisme attribuable à l’usage continu des muscles et des tendons de l’épaule.

Les muscles de l’épaule et du cou sont reliés. Les muscles du cou contrôlent la position de la tête de même que le soulèvement et le rapprochement des épaules. Eux aussi sont utilisés constamment. Les symptômes d’une lésion comprennent la douleur aux deux endroits au repos, un raidissement du cou et des maux de tête partant de la nuque, la rigidité musculaire et des muscles sensibles au toucher à quelques endroits.

Il arrive que le médecin éprouve de la difficulté à localiser l’origine de la douleur qui peut être « transmise » à d’autres parties du corps. En effet, les nerfs des épaules descendent dans le bras jusqu’à la main et tout traumatisme aux épaules peut entraîner une douleur ailleurs.

Le risque de problèmes multiples

Les travailleurs qui souffrent d’une LATR bien précise peuvent connaître d’autres problèmes simultanément à d’autres endroits. En effet, les personnes qui éprouvent de la douleur ou un malaise en effectuant leur travail d’une façon particulière peuvent essayer de s’en débarrasser en se déplaçant autrement, ce qui crée un nouveau traumatisme. Ainsi, la douleur au poignet ou à la main peut être suivie par une douleur dans l’avant-bras et à l’épaule.

Essayer de « surmonter » sa douleur pose un problème additionnel. Comme la personne ne fait aucun lien entre la douleur et ce qu’il fait, il peut tenter de maintenir la cadence et ne pas s’arrêter. Par conséquent, l’inflammation persiste et aggrave la lésion.

Autres difficultés

Bien diagnostiquer le problème soulève de grandes difficultés. La douleur peut persister, mais en l’absence de signe apparent de blessure ou de dommage, outre un oedème occasionnel, les travailleuses et travailleurs sont souvent accusés d’être névrosés ou maladifs. On blâme couramment la victime en lui disant que « tout est dans sa tête ».

Si le travailleur constate que la douleur provient de ce qu’il fait, cette douleur disparaît habituellement au repos puis réapparaît quand l’ouvrage reprend.

Ses collègues peuvent dire que la personne « se plaint tout le temps », incapables comme ils le sont de faire le lien entre la lésion invisible et le travail.

Quelques médecins qualifient ces traumatismes de « maladies de femme » sous prétexte que les femmes y sont plus susceptibles. Toutefois, cette situation résulte du fait qu’on utilise beaucoup plus de femmes pour le genre de travail à l’origine des traumatismes en question (p. ex, dactylographie, traitement de texte) ou parce que les instruments qu’elles utilisent sont conçus pour « l’homme moyen » et non pour leurs mains plus délicates. Encore une fois, l’absence de blessure apparente fait que les travailleuses sont souvent taxées « d’hystériques ».

Que faire?

Puisque les LATR ont des origines multiples et touchent de nombreux secteurs, les éliminer exige un programme de prévention très large. La pierre angulaire d’un tel programme consiste à adapter la tâche à la travailleuse et au travailleur et non l’inverse.

  1. Programme d’éducation, soulignant l’origine du traumatisme et la façon de l’éviter, décrit les symptômes afin que les travailleuses et travailleurs puissent les identifier avant que la situation ne devienne irréversible.
  2. Système de rapports afin que les symptômes soient traités avec sérieux et sans délai dès leur apparition. Les travailleuses et travailleurs ne devraient pas être obligés de supporter la douleur.
  3. Période de repos et temps libre. La guérison ne peut débuter que si on élimine la cause du mouvement répétitif, du traumatisme, et le reste. Il arrive trop souvent que la personne touchée retourne au travail dès que la douleur disparaît. Ceci aggrave le problème et éventuellement l’état de la personne touchée. Une intervention chirurgicale reste la solution de dernier ressort, encore plus en ce qui concerne les LATR. La rotation et la diversification des tâches, de même que des pauses fréquentes briseront le cycle de mouvements qui peut entraîner un traumatisme. On pourrait repenser les tâches de façon à éliminer les travaux monotones et répétitifs qui conduisent à l’abrutissement. La rotation permet également de faire travailler d’autres muscles.
  4. Programme d’enquête et de documentation sur les plaintes relatives à des douleurs d’origine professionnelle. Un examen méticuleux du lieu de travail devrait permettre l’identification des risques potentiels de lésions attribuables au travail répétitif. Une étude ergonomique complète permettra d’établir la puissance, la rapidité et la direction des mouvements, la fréquence des gestes, la posture au travail, la cadence et le stress.
  5. Adaptation des outils à la travailleuse, au travailleur ou à la tâche. On pourrait fabriquer des outils à poignée plus mince, moins difficiles à manipuler, à serrer ou à tenir permettant à la main et au poignet de garder la même position que lorsqu’ils sont au repos contre le corps. Les pièces qui s’emboîtent mal devraient être éliminées et les appareils bien entretenus.  On peut parfois modifier les instruments, mais l’utilité de cette solution disparaît avec le relèvement de la cadence. La meilleure solution consiste à la fois à modifier les instruments ou le lieu de travail et à introduire des pauses.
  6. Addition des LATR à la liste des accidents de travail graves. Aucune commission des accidents de travail n’aborde le problème de la même façon. Dans certaines provinces, ce traumatisme n’est pas considéré comme une maladie professionnelle alors que dans d’autres, on examine chaque cas séparément.  Les travailleuses et travailleurs doivent insister pour que l’on adopte une loi couvrant toutes les LATR et pour qu’on reconnaisse le lien direct qui les rattache au lieu de travail.
  7. Formation adéquate des nouvelles travailleuses et des nouveaux travailleurs quand la tâche implique un mouvement répétitif.

Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez communiquer avec :

Service de santé et de sécurité du SCFP
1375, boulevard St. Laurent
OTTAWA, ON  K1G 0Z7

Tél. : (613) 237-1590
Téléc. : (613) 237-5508
Courriel : sante_securite@scfp.ca