Lou Arab | Service des communications du SCFP

La première refonte majeure en 30 ans du droit du travail en Alberta facilite la création d’un syndicat et accorde plusieurs nouveaux droits aux employés non syndiqués.

C’est la troisième fois que le gouvernement Notley améliore le sort des travailleurs albertains depuis son élection : le NPD de l’Alberta a aussi placé les travailleurs agricoles sous la protection des lois du travail et le salaire minimum atteindra 15 $/heure en 2018.

La dernière révision du droit du travail albertain prend la forme d’une loi sur les milieux de travail justes et favorables à la famille, adoptée le 6 juin. Celle-ci modifie les normes d’emploi pour permettre aux travailleurs de prendre un congé sans solde s’ils sont malades, s’ils prennent soin d’un enfant gravement malade, s’ils sont endeuillés ou s’ils fuient de la violence familiale.

Amanda Jensen de Lethbridge a perdu son emploi parce qu’elle avait pris un congé pour s’occuper de son fils Jake atteint de leucémie. « Trois semaines après qu’il soit sorti de l’hôpital, mon employeur m’a congédié par courriel, raconte-t-elle. J’ai appelé les normes du travail et j’ai appris, à ma grande stupéfaction, que c’était parfaitement légal. »

« c’était la panique, admet-elle. Comment est-ce que j’allais soutenir ma famille ? Je ne pouvais plus me concentrer uniquement sur les traitements et le rétablissement de Jake. J’allais devoir consacrer une partie de mes énergies ailleurs. »

La loi élimine aussi une règle permettant à un employeur de payer ses travailleurs handicapés sous le salaire minimum. Elle prolonge les congés de maternité et parentaux. Enfin, elle améliore les règles sur les heures supplémentaires, les vacances et les jours fériés. Les autres provinces avaient déjà adopté la plupart de ces changements depuis longtemps.

La loi modifie aussi le Code des relations de travail qui établit les règles entourant la syndicalisation et l’administration des conventions collectives. Dorénavant, les travailleurs qui tentent de se syndiquer peuvent éviter la tenue d’un scrutin si 65 pour cent des employés de l’unité signent une carte d’adhésion ou une pétition réclamant la syndicalisation. Et s’il y a scrutin, la loi coupe les échappatoires qui permettaient à l’employeur de repousser sa tenue au-delà d’une semaine après le dépôt de la demande.

Les employés syndiqués qui négocient leur premier contrat (souvent le plus difficile à négocier) ont maintenant la possibilité de réclamer l’imposition d’un contrat, le temps que le syndicat soit bien en place.