Il est si facile de confondre le 21 juin et le 30 septembre. Pourtant, ces dates sont loin de se ressembler. Ces deux journées importantes pour les communautés autochtones sont bien plus que des jours de congé, et chacune a sa raison d’être et sa signification. Voici un guide simple pour comprendre pourquoi ces journées sont soulignées – et comment les membres du SCFP peuvent y participer de manière respectueuse et incarner cet engagement tout au long de l’année.
La Journée nationale des peuples autochtones a lieu le 21 juin. C’est une journée pour célébrer les traditions et cultures des Premières Nations, des Inuit et des Métis, ainsi que leurs précieuses contributions à nos communautés.
C’est aussi l’occasion de reconnaître le militantisme inébranlable des membres autochtones du SCFP et des communautés autochtones de tout le pays. Cette journée nous rappelle notre responsabilité de respecter les droits des peuples autochtones sur les territoires cédés et non cédés, et de protéger leurs cultures et leurs langues.
Pour Debra Merrier, vice-présidente nationale du SCFP à la diversité représentant les membres autochtones, le 21 juin revêt également une signification très personnelle. C’est un moment à partager en famille et avec la communauté, l’occasion d’échanger avec les Aîné(e)s et de célébrer les traditions « en vivant pleinement notre spiritualité et notre culture ».
« Le 21 juin, de nombreux événements sont organisés d’un océan à l’autre. C’est aussi la plus longue journée de l’année, un moment pour renouer entre nous, qui apporte un sentiment de renouveau et marque un nouveau départ », raconte-t-elle, expliquant l’importance du solstice pour de nombreuses communautés.
Une vérité fondamentale est souvent oubliée : il n’y a pas qu’une culture autochtone, ni qu’une façon de célébrer. Les Premières Nations, les Inuit et les Métis comprennent de nombreuses nations et communautés distinctes à la grandeur du pays, qui parlent différentes langues, transmettent des enseignements distincts, et ont leurs propres histoires et façons de se rassembler. Cette diversité est importante, et elle se manifeste dans les célébrations qui varient selon la région, les personnes qui y participent et les relations qui les unissent.
Il existe de nombreuses façons de reconnaître les peuples autochtones lors des conférences, congrès et autres événements du SCFP, mais on ne devrait pas s’attendre à ce que les membres autochtones organisent des activités ou des performances culturelles pour la Journée nationale des peuples autochtones.
« Je dis toujours que le 21 juin est un moment pour nous », rappelle Debra Merrier. « Ce n’est pas le moment pour nous, en tant qu’Autochtones, d’organiser de grands événements et d’inviter des gens. C’est notre moment à nous. C’est un moment pour être avec nos familles, pour renouer avec le territoire. Parfois, nous organisons une cérémonie et d’autres fois, nous festoyons. Ce sont les relations, les personnes qui nous entourent, qui sont au cœur de nos événements. C’est tout ça pour nous, le 21 juin. »
Partout au pays, les communautés autochtones organisent de nombreuses cérémonies et divers rassemblements à différentes périodes de l’année, pas seulement le 21 juin. Certains rassemblements, comme les pow-wow, sont plus connus, mais il en existe bien d’autres aussi. Les traditions varient d’une région à l’autre alors que les gens renouent avec leur culture et transmettent leurs enseignements là où leur chemin les mène.
Souligner la journée avec intention
- Renseignez-vous sur les nations autochtones sur le territoire où vous vivez et travaillez.
- Participez aux événements publics auxquels on vous invite et adoptez une attitude ouverte et respectueuse : écoutez, apprenez et partagez.
- Soutenez les initiatives autochtones ainsi que les personnes qui participent à leur création, à leur organisation et à la transmission de savoirs.
- Ne demandez pas à des personnes autochtones, collègues ou membres de la communauté, de créer du contenu ou de planifier un événement pour souligner cette journée au travail.
- Lisez le Rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et réfléchissez aux façons dont vous pouvez soutenir les 94 appels à l’action.
- Consultez le guide Vérité et réconciliation : Le SCFP passe à l’action par la négociation collective pour négocier des clauses de convention collective qui soutiennent les travailleuses et travailleurs autochtones.
- Reconnaissez les territoires autochtones lors des réunions avec intention, et non comme une simple formalité.
- Contactez des communautés et organismes autochtones dans votre région afin d’établir des relations et d’amplifier les voix des peuples autochtones.
- Maintenez la pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il mette en œuvre son plan d’action en lien avec les conclusions du Rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
30 septembre : une journée de commémoration
Le 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Ce n’est pas une journée de célébration. C’est un jour pour se souvenir, faire connaître la vérité et faire notre part. Depuis 2013, des communautés partout au pays, inspirées par l’histoire de Phyllis (Jack) Webstad, survivante des pensionnats et membre de la Première Nation Stswecem’c Xgat’tem, participent à la Journée du chandail orange le 30 septembre : une journée pour apprendre, réfléchir à la vérité sur les pensionnats et transformer ces apprentissages en actions.
À l’âge de six ans, Phyllis a reçu de sa grand-mère un chandail orange tout neuf avant d’être envoyée dans un pensionnat en Colombie-Britannique. Son chandail a été confisqué et détruit dès son premier jour de classe. Ce geste est devenu un symbole de l’objectif colonial des pensionnats : l’assimilation forcée des peuples autochtones.
Debra Merrier souligne que les gestes symboliques, comme porter un chandail orange ce jour-là, ont une portée encore plus grande lorsqu’ils nous ramènent à la vérité. « Les gens doivent connaître la vérité. La Journée du chandail orange porte en grande partie sur les pensionnats. C’est une journée commémorative pour honorer les enfants qui ne sont jamais rentrés à la maison, les survivant(e)s des pensionnats ainsi que leurs familles et leurs communautés qui souffrent encore aujourd’hui », explique-t-elle. « Ce n’est pas un moment pour célébrer, mais pour réfléchir, enseigner la vérité et reconnaître ce que nous avons perdu : des milliers d’années d’histoire. »
Malgré des archives incomplètes ne répertoriant pas tous les pensionnats et une reconnaissance lacunaire taisant certaines expériences, la vérité demeure que les pensionnats ont perduré pendant plus d’un siècle au Canada. Le premier pensionnat, géré par l’Église, a ouvert ses portes en 1831 en Ontario, et le dernier pensionnat, administré par le gouvernement fédéral, a fermé en 1996 en Saskatchewan. Debra Merrier précise que 139 pensionnats sont officiellement reconnus dans la CRRPI et qu’ils étaient gérés par le gouvernement ou l’Église. Elle rappelle toutefois que ce ne sont pas toutes les « écoles » liées au système des pensionnats canadiens qui ont été documentées ou reconnues.
Plus de 150 000 enfants inuit, métis et des Premières Nations ont fréquenté les pensionnats, et la vérité continue d’être dévoilée. En 2025, lors du Congrès national du SCFP, les délégué(e)s ont adopté une résolution s’engageant à lutter contre le racisme anti-autochtone et le déni des pensionnats. « La population, chaque communauté, chaque personne doit se rappeler que les pensionnats ont eu des répercussions sur tellement de gens », précise Debra Merrier, en soulignant à quel point cette journée est personnelle pour de nombreuses familles, dont la sienne. « Je suis la fille d’une survivante d’un pensionnat. Ma mère a passé 14 ans dans un pensionnat – autant d’années sans pouvoir rentrer chez elle. »
Debra Merrier repense à l’ampleur du système et à sa cruauté : des écoles avec des centaines d’enfants, une séparation stricte entre les garçons et les filles, et une éducation conçue pour effacer leur langue, leur culture et leur identité.
Le 30 septembre ne devrait pas être traité comme une simple journée de sensibilisation. La vérité et la réconciliation ne peuvent pas être précipitées, réduites à une déclaration ou limitées au symbolisme. Elles sont également liées à notre lutte contre le racisme environnemental et les injustices systémiques qui perdurent. Cette journée nous appelle à agir différemment à la lueur de ce que nous comprenons maintenant. C’est ce que Debra Merrier appelle la « réconcili-action » : passer de l’apprentissage aux changements que nous pouvons mettre en œuvre au travail, dans nos sections locales et dans nos communautés.




