SURVOL
À l’échelle du pays, les travailleuses et travailleurs de bibliothèque membres du SCFP occupent principalement des postes dans les bibliothèques publiques, scolaires et d’établissements d’enseignement postsecondaire. Ces personnes font de nos bibliothèques des milieux inclusifs, accueillants et accessibles pour tout le monde. Elles fournissent des services essentiels pour promouvoir la littéracie et lutter contre la désinformation et la mésinformation. Elles favorisent l’accès à une multitude de ressources tout en permettant aux gens de tisser des liens. De plus, elles conçoivent et offrent une vaste gamme de services : heure du conte pour les familles, programmes de tutorat par les pairs, enseignement des compétences numériques, etc. Le personnel de bibliothèque répond aussi à d’innombrables questions sur une multitude de sujets. Et c’est sans oublier qu’il soutient l’apprentissage, la recherche, l’emploi, la créativité et l’engagement social pour favoriser l’épanouissement de chaque personne.
ENJEUX
Financement
Les bibliothèques et leur personnel souffrent des compressions budgétaires et de la stagnation du financement.
Dans la plupart des provinces, le financement des bibliothèques publiques est gelé depuis longtemps. Par conséquent, les bibliothèques réduisent leurs heures d’ouverture, leurs services et leur effectif pour limiter les coûts. Le financement inadéquat empêche également les bibliothèques de prendre des mesures pour prévenir la violence et le harcèlement, ce qui augmente le risque d’incidents en milieu de travail. Le problème est aggravé par le sous-financement des services sociaux communautaires, des services de santé mentale et du logement social. Les personnes en situation de crise se tournent vers les bibliothèques pour obtenir l’aide dont elles ont besoin et qu’elles n’arrivent pas à obtenir ailleurs dans la communauté. Il faut donc non seulement mieux financer les bibliothèques, mais aussi accroître les investissements dans les services liés au logement, à la lutte contre la toxicomanie et à la santé mentale.
Du côté du secteur de l’éducation, l’insuffisance de financement entraîne la fermeture de bibliothèques scolaires et la suppression d’emplois. On manque aussi de fonds pour acheter de nouvelles ressources et de nouveaux livres qui répondent aux besoins et aux intérêts changeants des élèves. Certaines écoles ont transformé leur bibliothèque en salle de classe pour faire face à l’augmentation du nombre d’élèves. En fermant des bibliothèques et en supprimant des postes, on sous-estime le rôle de ces lieux et de ces travailleuses et travailleurs dans la promotion de la littératie, de la numératie, de la créativité et d’environnements d’apprentissage stimulants. Chaque école devrait être dotée d’une bibliothèque correctement financée et gérée par du personnel à temps plein qualifié.
Du côté de l’enseignement postsecondaire, le secteur traverse actuellement une crise. Le sous-financement chronique entraîne des fermetures de campus et la suppression de services et d’emplois. Les bibliothèques peinent à constituer des ressources pédagogiques, à les maintenir à jour et à acquérir de nouvelles technologies. Les étudiant(e)s comptent sur les bibliothèques pour combler leurs lacunes en matière de technologie. Enfin, le financement insuffisant des bibliothèques universitaires nuit à la capacité de leur personnel à créer un environnement d’apprentissage et de recherche engageant pour le corps professoral, le personnel de l’établissement et la population étudiante.
Charge de travail et épuisement professionnel
Les travailleuses et travailleurs de bibliothèque subissent de plein fouet les conséquences des compressions budgétaires et du manque chronique de financement. Nos membres font face à des pénuries de personnel, à des problèmes de recrutement et de maintien en poste, à des suppressions d’emplois, à une diminution des heures de travail et à des fermetures de bibliothèques. Des postes vacants depuis longtemps restent non pourvus par les employeurs, ce qui se traduit par des effectifs réduits à leur strict minimum, des coupes dans les services et une incapacité à prendre congé. De telles conditions compromettent gravement la santé et le bien-être des travailleuses et travailleurs.
Violence et harcèlement au travail
La violence au travail représente un important problème de santé et de sécurité dans les bibliothèques publiques et scolaires. Les incidents violents — que nos membres les subissent, y assistent ou les gèrent — entraînent de lourdes conséquences, parfois dévastatrices. Dans les bibliothèques publiques, le personnel doit également composer avec un taux élevé de consommation de drogues et de surdoses chez la clientèle. Il se retrouve aux premières lignes des crises de notre société : logement, santé mentale, toxicomanie et abordabilité.
Les employeurs du milieu des bibliothèques publiques recourent à diverses mesures pour lutter contre la violence au travail, comme l’innovation technologique, des agent(e)s de sécurité, la formation du personnel, l’intervention de travailleuses et travailleurs sociaux, des programmes de soutien par les pairs et la modification de l’aménagement des espaces. Les sections locales négocient de meilleures protections en matière de santé et de sécurité dans leurs conventions collectives afin de prévenir les incidents. Malgré tout, les cas de violence et de surdose continuent d’augmenter. Il faut mettre en place davantage de mesures. Certaines sont du ressort du milieu bibliothécaire, tandis que d’autres doivent être des réponses aux crises de la santé mentale, de la toxicomanie, du logement et de l’abordabilité.
Dans le secteur de l’éducation, le manque de personnel et le sous-financement font aussi augmenter la violence. Les travailleuses et travailleurs se retrouvent en situation d’épuisement professionnel et sont souvent victimes d’accidents du travail. Plusieurs obstacles découragent le personnel des écoles à signaler les actes de violence, notamment le manque de soutien de la direction, la crainte de représailles et le jugement porté sur ses compétences professionnelles. Se retrouvant ainsi pris entre le droit des élèves à l’éducation et leur droit à un milieu de travail sain et sécuritaire, ces travailleuses et travailleurs réclament la mise en œuvre de plans d’action concrets et dotés de fonds suffisants pour lutter contre la violence dans les écoles et contribuer à en faire des lieux sûrs pour tout le monde.
NÉGOCIATIONS
Les travailleuses et travailleurs de bibliothèque membres du SCFP ont fait des gains notables à la table de négociation dans les deux dernières années, mais ont aussi connu des rondes de négociations difficiles où l’employeur cherchait à obtenir des concessions.
Voici quelques-unes des concessions demandées par l’employeur :
- Réduire les mesures de protection des horaires
- Augmenter le nombre d’heures à effectuer chaque année par le personnel auxiliaire pour conserver son emploi
- Supprimer le salaire majoré et régulariser l’horaire s’appliquant au dimanche
Voici les principaux gains obtenus à la table de négociation :
Meilleures conditions pour les travailleuses et travailleurs en situation de précarité
- Congés annuels et de maladie payés ainsi que des avantages sociaux pour le personnel temporaire, occasionnel et à temps partiel
Meilleures protections en matière de santé et de sécurité
- Clause sur le travail en solo
- Congé payé à la suite d’un incident violent
- Mesures pour mieux gérer la charge de travail et assurer la sécurité psychologique
- Programme de prévention de la violence négocié à l’aide du guide de négociation du SCFP sur la prévention de la violence et du harcèlement au travail
- Congé en cas de violence conjugale ou sexuelle
Gains financiers
- Meilleurs avantages sociaux, incluant une amélioration du congé pour soins d’affirmation de genre et des jours de congé payés pour obligations familiales
- Augmentation des primes de quart
- Ajout de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à la liste des jours fériés
- Congé payé pour participer à des cérémonies et activités culturelles autochtones
Gains non pécuniaires
- Nouveau libellé sur les changements technologiques
- Clause sur l’interdiction de sous-traitance
- Clause portant sur les bibliothèques sans personnel tirée du guide de négociation du SCFP sur les bibliothèques sans personnel
- Augmentation du nombre de jours avant qu’un billet médical ne soit exigé pour un congé de maladie
CAMPAGNES
Les membres du SCFP 53-04 à l’emploi de la bibliothèque publique de Whitby ont organisé une campagne pour s’opposer à la réduction du budget de la bibliothèque proposée par la municipalité. Les membres de la section locale ont participé à des activités publiques pour informer la population de la réduction budgétaire annoncée et lui demander de signer leur pétition pour s’y opposer. Un membre de la section locale s’est également adressé au conseil municipal pour demander l’annulation de la réduction, faisant valoir que face à la croissance démographique et à l’inflation, le financement devait plutôt augmenter pour permettre à la bibliothèque de continuer de jouer pleinement son rôle.
En 2025, le SCFP-Saskatchewan a lancé une campagne multimédia à l’échelle provinciale pour mettre en lumière les travailleuses et travailleurs de la fonction publique. La campagne mettait l’accent sur le côté humain des membres du SCFP qui fournissent des services partout en Saskatchewan. Des membres travaillant dans les bibliothèques scolaires et publiques apparaissaient dans la vidéo de la campagne, sur des affiches publicitaires et dans les transports en commun locaux.