Lundi dernier, le 29 juin, plus de 100 travailleuses et travailleurs en soins de longue durée de partout dans la province se sont rassemblés pour manifester au siège social d’Extendicare, à Markham.
Huit sections locales du SCFP, totalisant 1 100 travailleuses et travailleurs en soins de longue durée, sont actuellement en négociation avec Extendicare. Les employé(e)s exigent à cette entreprise privée de remédier à la pénurie chronique de personnel, aux faibles salaires et aux avantages sociaux insuffisants, des problèmes qui ont tous un impact sur les soins aux résident(e)s. Au début avril, Extendicare s’était retiré des discussions, ce qui a mis les négociations en pause pendant trois mois.
Extendicare est l’un des plus grands fournisseurs privés de soins de longue durée au Canada. L’année dernière, l’entreprise a généré des profits de plus de 96 millions de dollars. Pourtant, le personnel en soins de longue durée – majoritairement des femmes et des personnes racisées – demeure sous-valorisé et sous-doté en ressources.
En Ontario, le personnel de la santé ne bénéficie pas du droit de grève, ce qui permet aux employeurs d’éviter les négociations et de minimiser les inquiétudes de leurs employé(e)s, qui doivent déjà faire face à de nombreux obstacles systémiques.
Les travailleuses et travailleurs en soins de longue durée exercent des emplois physiquement exigeants pour offrir des soins de qualité à des personnes parmi les plus vulnérables de notre société.
« Ce travail, on ne le fait pas pour devenir riche. On le fait parce qu’on a nos résident(e)s et notre communauté à cœur. Mais là, c’en est trop », déplore Lisa Freeman, présidente du SCFP 4788 et représentante des travailleuses et travailleurs d’Extendicare Oshawa.
Lorsque les établissements sont en pénurie de personnel, les employé(e)s n’ont d’autre choix que d’effectuer des heures et des tâches supplémentaires, ce qui mine directement la qualité des soins prodigués aux résident(e)s.
« Le manque de personnel affecte notre capacité à offrir des soins rapides et conformes à nos résident(e)s. Ils et elles ont besoin d’aide pour à peu près tout : manger, marcher, aller aux toilettes, prendre leur bain, aller au lit… L’insuffisance des effectifs a un effet direct sur leur qualité de vie, et la plupart des résident(e)s souffrent du manque de soutien du personnel », ajoute Lisa Freeman.
Les travailleuses et travailleurs en soins de longue durée sacrifient leur propre bien-être et leur santé pour un emploi qui présente déjà un risque élevé de violence et de blessures.
Extendicare tente de forcer les employé(e)s à accepter des quarts de travail allongés, des conditions de travail précaires et des augmentations salariales inférieures à l’inflation. La faible rémunération rend le recrutement et la rétention difficiles, ce qui pousse les travailleuses et travailleurs à quitter le secteur. Tous ces éléments contribuent au manque de main-d’œuvre, à la surcharge de travail ainsi qu’à l’épuisement professionnel, au moment où la population vieillissante a de plus en plus besoin de soins de longue durée. Pour régler le problème de personnel, les employeurs engagent des employé(e)s temporaires, ce qui impacte la sécurité d’emploi et la continuité des soins.
Depuis maintenant huit ans, ces 1 100 travailleuses et travailleurs négocient collectivement pour un contrat central qui servirait de modèle pour l’ensemble du secteur. Ils et elles militent pour obtenir un salaire de subsistance et de meilleurs avantages sociaux afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, malgré la crise du coût de la vie.
Le contrat central négocié entre le SCFP et Extendicare se répercutera sur l’ensemble des travailleuses et travailleurs en soins de longue durée de la province. Dans ce contexte, la réduction des salaires et des avantages sociaux ne touche pas seulement les employé(e)s d’Extendicare, mais aussi plus de 100 000 travailleuses et travailleurs en soins de longue durée en Ontario.