Les paramédics de Peterborough City-County Paramedics (PCCP) ont envoyé un message on ne peut plus clair : 185 des 187 membres du SCFP 4911 ont voté en faveur d’une grève. Alors que les problèmes de dotation et les blessures continuent d’augmenter, les travailleuses et travailleurs réclament des mesures en matière de santé mentale, de rétention du personnel, de recrutement et d’équité salariale.
Ce mandat de grève à 99 %, auquel ont participé 187 des 193 membres de l’unité de négociation, découle des efforts déployés par les paramédics pour obtenir une meilleure couverture en santé mentale, une rémunération s’apparentant à celle d’autres intervenant(e)s de première ligne, ainsi qu’une protection accrue contre les blessures au travail.
Les membres ont entamé les négociations en mars dernier en déposant des propositions visant à améliorer les services paramédicaux, notamment : régler les difficultés de recrutement, offrir du soutien aux travailleuses et travailleurs dont la santé mentale est affectée par leur emploi, et veiller à ce que les paramédics reçoivent une rémunération équitable pour leur travail, qui permet de sauver des vies.
« Les paramédics ne veulent pas faire la grève. On veut faire notre travail et prendre soin des patient(e)s pendant qu’on bâtit notre carrière à Peterborough », explique Jordan Lean, président du SCFP 4911. « Nos membres voient ce qui se passe dans le service et se disent que c’est assez. On perd des gens d’expérience, le nombre de blessures augmente, et la direction ne se presse pas d’appuyer les travailleuses et travailleurs ou de mettre un terme à la crise. »
La couverture en santé mentale est insuffisante
L’une des principales propositions de nos membres est l’amélioration de la couverture en santé mentale des paramédics. À l’heure actuelle, les paramédics à temps plein ont seulement droit à 500 $ par année, ce qui ne couvre que trois séances de psychothérapie ou de psychologie. Les paramédics à temps partiel, pour leur part, ne reçoivent rien du tout. PCCP ne veut pas leur accorder d’avantages sociaux en santé mentale.
« Les traumatismes, la mort et les tragédies font partie du quotidien des paramédics. C’est vrai aussi bien pour les paramédics à temps partiel qui sont là depuis peu que pour les travailleuses et travailleurs à temps plein qui exercent ce métier depuis 20 ans. Dire aux paramédics à temps partiel que leur santé mentale est moins importante n’a aucun sens. Si on veut vraiment conserver notre personnel, il faut offrir du soutien en santé mentale à tout le monde », plaide Jordan Lean.
L’exode des paramédics d’expérience
Au cours des trois dernières années, 54 paramédics à temps plein et à temps partiel ont quitté leur poste. Leurs motifs? La hausse du nombre d’appels, le manque de mesures de soutien au travail, ainsi que les meilleurs salaires et avantages sociaux offerts ailleurs. Parallèlement, le recrutement est devenu plus difficile. Moins de personnes choisissent de travailler à Peterborough après leurs études.
« On perd les paramédics qui ont le plus d’ancienneté et on peine à les remplacer. Ça devrait sonner l’alarme, il me semble. Mais non : il n’y a aucun plan sérieux pour retenir les paramédics d’expérience. »
Il faut des solutions pour changer la réalité
Même si, au cours des dernières années, le travail des paramédics est devenu considérablement plus exigeant à Peterborough, leurs salaires ont perdu du terrain par rapport à ceux d’autres services d’urgence.
Le nombre de blessures au travail a augmenté de 50 % entre 2024 et 2025 chez les membres du SCFP 4911. De plus, en 2025, 14 % des paramédics à temps plein étaient en congé en raison d’accidents de travail. Or, le salaire des paramédics de Peterborough est près de 20 % moins élevé que celui d’autres intervenant(e)s de première ligne, ce qui a entraîné l’exode de gens d’expérience vers les services de police et d’incendie locaux et voisins.
« Au total, 185 paramédics ont voté en faveur d’une grève pour dire de façon claire, à la direction ainsi qu’aux conseillers et conseillères de la ville et du comté, que le statu quo ne fonctionne pas. On veut une entente équitable qui épaule les paramédics, et la population de Peterborough mérite des services efficaces et fiables sur lesquels elle peut compter en cas de besoin », conclut Jordan Lean.
Les parties devraient retourner à la table de négociation le 6 octobre.