À partir d’aujourd’hui, les résident(e)s de Niagara entendront les avertissements de paramédics au sujet de la pénurie de personnel, de l’épuisement professionnel et des problèmes de rétention qui accablent les services médicaux d’urgence de la région.
Après des mois de négociations, des demandes répétées au Conseil régional et les signes de plus en plus évidents de pression exercée sur l’effectif, le SCFP 911 lance une campagne de sensibilisation radiophonique à Niagara. Les publicités parlent de la réalité des paramédics de la région, et portent notamment sur la hausse des cas de traumatismes et d’épuisement, le soutien insuffisant en santé mentale et la difficulté à embaucher et à retenir des professionnel(le)s expérimentés dans un contexte où la demande ne fait qu’augmenter.
Après avoir répondu à 100 000 appels d’urgence l’an dernier, un sommet historique, les paramédics de la région de Niagara sont miné(e)s par une crise de santé mentale. Dans un récent sondage du SCFP 911, 73 % des membres ont déclaré que leur travail avait un effet négatif sur leur santé mentale, et 57 % envisageaient sérieusement de quitter le service.
Pour entendre les annonces (en anglais) :
« On a présenté nos arguments à la table de négociation et on a mené des sondages auprès de la population, qui a d’ailleurs démontré un immense soutien envers les paramédics. Maintenant, on raconte notre réalité directement à la radio dans l’espoir de faire bouger les choses », explique Dave Barnett, président du SCFP 911 et lui-même paramédic depuis 16 ans. « Les paramédics sont fort(e)s de nature. On côtoie les gens dans les pires moments de leur vie, et pourtant on parle rarement des répercussions que ça a sur nos vies. Comme rien ne bouge du côté de notre employeur ou de celui du Conseil régional de Niagara, on a décidé de briser le silence. »
Outre la campagne radiophonique, le SCFP 911 a fait installer des panneaux publicitaires à Niagara et tiendra une série d’entrevues avec des paramédics sur le terrain dans les prochains jours.
« Toutes les données indiquent qu’on va dans la mauvaise direction, poursuit Dave Barnett. Le volume d’appels ne cesse d’augmenter, bien au-delà de l’augmentation de l’effectif, et pendant ce temps, la santé mentale de nos membres se dégrade. Le Conseil régional doit absolument agir avant que la crise n’empire davantage. »